The brøken

Affiche du film The BrokenL'Angleterre est pleine de surprises. Ce pays nous a donné Margaret Thatcher, Benny Hill, et James Bond. Au moins pour ce dernier, on ne peut pas leur en vouloir.
Sean Ellis ne déroge pas à la règle. En 2004 il écrit et réalise Cashback, un court métrage de 18 minutes qui deviendra en 2006 un très sympathique film d'une heure quarante. Ce petit bijou poético-romantique, dopé au fantastique et à l'humour potache anglais nous avait surpris et charmés. En 2008 Ellis revient avec un second long métrage : The Brøken (ou The Broken pour les américains qui n'ont pas un vrai clavier). N'allez pas voir ce film pour prendre votre bouffée d'humour anglais ou de poésie romantique, non.
Première surprise, c'est un vrai bon film d'horreur. Je ne parle pas ici d'horreur gore, comme [Rec], Saw I/II/…, je parle d'un film d'horreur à 95% psychologique. À ce sujet d'ailleurs, il est important d'ouvrir une petite parenthèse : The Brøken est classé "Accord Parental indispensable - Ce film peut heurter la sensibilité des plus jeunes". C'est pour le moins insuffisant ! Un bon "Interdit au moins de 12 ans" me semble indispensable.
Seconde surprise : c'est un film très efficace. Même si on voit les choses venir, on est maintenu dans l'appréhension en permanence, et on sursaute le moment venu. Les acteurs sont plutôt bons. On retrouve d'ailleurs Richard Jenkins dans un rôle secondaire (The Visitor, et Burn After Reading qu'il me tarde d'aller voir). Seul petit bémol, Lena Headey surjoue un peu dans la scène finale. C'est dommage, mais le film n'y perd rien.
Troisième surprise : The Brøken se distingue franchement de Mirrors, et si ces deux films ont en commun une partie de leur thématique, les traitements diffèrent. Sean Ellis n'a pas l'ambition du grand spectacle hollywoodien, ni sans doute le budget qui va avec. Son film est donc plus intimiste et plus subtil.
Petite anecdote : on trouve dans The Brøken une mention du syndrome de Capgras, dont les symptômes ont déjà été utilisés en cinéma et en littérature[1] à des fins plus ou moins fantastiques.
Bref, allez voir ce film. Et si vous ne l'avez pas vu, allez aussi voir Cashback, de préférence après The Brøken, pour finir sur une note joyeuse.

[1] La Chambre aux échos de Richard Powers, Corps étrangers de Neil Gaiman (in Miroirs et fumées)

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