lundi 14 juillet 2008
Du Wilson, du Powers, du Willis
Par patpro, lundi 14 juillet 2008 à 21:48 :: Lecture
J'ai découvert Robert Charles Wilson en lisant Spin, et j'avais adoré. J'avais besoin de me changer les idées après le très insuffisant Fiction spécial N° 2 (Les Noëls électriques), toujours pas fini d'ailleurs. J'ai donc balayé les réticences que la quatrième de couverture de Mysterium m'inspirait, et j'ai attaqué la lecture de ce recueil de nouvelles. Le bilan est mitigé. On est balladé entre roman de jeunesse et nouvelle primée, sans pour autant prendre un vrai bon gros plaisir de lecture. Néanmoins, j'ai été agréablement surpris par le traitement de Mysterium. Wilson a su éviter le cliché, même si à mon avis, la fin est mauvaise. Bref c'est distrayant, mais c'est un gros pavé qui ne laisse que peu de souvenirs.
Avec À deux pas du néant, Tim Powers livre un roman dans le même genre que Les puissances de l'invisible. J'ai néanmoins l'impression qu'À deux pas du néant est plus léger que ce dernier. Cela dit, les deux lectures sont séparées par presque 5 ans, et je ne saurai faire une comparaison point par point de ce qui m'a plus ou moins plus dans ces deux romans. Simplement, je ne suis pas totalement emballé par À deux pas du néant. Pas totalement satisfait de sa densité, et même si il est agréable à lire, voire très agréable si on est fan de Tim Powers, il ne m'a pas accroché comme a pu le faire Les puissances de l'invisible.
Après avoir très longtemps hésité, mais acculé par le manque de lecture, j'ai jeté mon dévolu sur Passage, de Connie Willis. Après les deux précédents, je craignais d'être déçu. Ce ne fut pas le cas. Même si il est moins pétillant que Sans parler du chien, et moins désespéré que Le grand livre, voilà enfin un roman que j'ai eu du mal à lâcher. Bien qu'un peu long par moment (plus de 920 pages tout de même), ce pavé est très agréable à lire. Les personnages y sont admirablement croqués, et le thème des expériences de mort iminentes est enfin abordé avec science et raison (ma plus grosse crainte était que ce ne soit pas le cas). Il ne m'est pas possible d'en dire plus sans dévoiler le gros ressort dramatique du roman, donc si 920 pages d'idées sur la mort ne vous font pas peur, c'est à vous de jouer.
En décembre 2006 (déjà !), j'
Depuis que j'ai lu 
Dans un tout autre genre, j'ai fait une découverte des plus surprenantes au rayon SF :
Les gens qui ne lisent pas faute de temps n'ont plus d'excuse valable. Depuis mai 2007,
La science fiction qui s'intéresse au voyage temporel s'aventure toujours sur un terrain glissant, les lecteurs de SF étant bien moins prompts à pardonner les erreurs et les incohérences que, disons, les lecteurs des romans de Dan Brown. Néanmoins,
Je suis à la frontière de la honte, à la limite de l'humiliation. Moi, le fervent défenseur de la science fiction la plus dure, de l'évasion la plus radicale, j'ai lu un "Roman FNAC", prix Femina 2004, et j'ai aimé ça. Dans Une vie française, Jean-Paul Dubois nous raconte 46 ans d'histoire de France au travers de la vie de Paul Blick. Impossible de résumer ici les aventures de ce Forrest Gump à la française, mais le format du récit n'est pas sans rappeler le film américain. Finalement, la vie de Blick montre comment l'homme est emporté par la roue inflexible du temps, et le découpage des chapitres en mandats présidentiels renforce cette impression. Derrière le nom de Jean-Paul Dubois, tellement franchouillard, tellement banal, se cache un auteur plein de sensibilité et de talent. Son style très fluide, son humour, font d'Une vie française un roman savoureux, extrêmement agréable à lire. Même si j'ai remarqué deux ou trois fois des répétitions incongrues, et qu'arrivé vers la fin j'ai finit par entrevoir les ficelles émotionnelles de la narration, j'ai pris un plaisir réel à lire ce livre. Il m'a fait vivre la France de mes parents, puis revivre la France de ma jeunesse jusqu'à la France du second mandat de Jacques Chirac. Un voyage dans le temps qui se fait avec le sourire aux lèvres presque tout le long.