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lundi 14 juillet 2008

Du Wilson, du Powers, du Willis

Mysterium Robert Charles WilsonJ'ai découvert Robert Charles Wilson en lisant Spin, et j'avais adoré. J'avais besoin de me changer les idées après le très insuffisant Fiction spécial N° 2 (Les Noëls électriques), toujours pas fini d'ailleurs. J'ai donc balayé les réticences que la quatrième de couverture de Mysterium m'inspirait, et j'ai attaqué la lecture de ce recueil de nouvelles. Le bilan est mitigé. On est balladé entre roman de jeunesse et nouvelle primée, sans pour autant prendre un vrai bon gros plaisir de lecture. Néanmoins, j'ai été agréablement surpris par le traitement de Mysterium. Wilson a su éviter le cliché, même si à mon avis, la fin est mauvaise. Bref c'est distrayant, mais c'est un gros pavé qui ne laisse que peu de souvenirs.

A deux pas du neant Tim PowersAvec À deux pas du néant, Tim Powers livre un roman dans le même genre que Les puissances de l'invisible. J'ai néanmoins l'impression qu'À deux pas du néant est plus léger que ce dernier. Cela dit, les deux lectures sont séparées par presque 5 ans, et je ne saurai faire une comparaison point par point de ce qui m'a plus ou moins plus dans ces deux romans. Simplement, je ne suis pas totalement emballé par À deux pas du néant. Pas totalement satisfait de sa densité, et même si il est agréable à lire, voire très agréable si on est fan de Tim Powers, il ne m'a pas accroché comme a pu le faire Les puissances de l'invisible.

Passage Connie WillisAprès avoir très longtemps hésité, mais acculé par le manque de lecture, j'ai jeté mon dévolu sur Passage, de Connie Willis. Après les deux précédents, je craignais d'être déçu. Ce ne fut pas le cas. Même si il est moins pétillant que Sans parler du chien, et moins désespéré que Le grand livre, voilà enfin un roman que j'ai eu du mal à lâcher. Bien qu'un peu long par moment (plus de 920 pages tout de même), ce pavé est très agréable à lire. Les personnages y sont admirablement croqués, et le thème des expériences de mort iminentes est enfin abordé avec science et raison (ma plus grosse crainte était que ce ne soit pas le cas). Il ne m'est pas possible d'en dire plus sans dévoiler le gros ressort dramatique du roman, donc si 920 pages d'idées sur la mort ne vous font pas peur, c'est à vous de jouer.

lundi 21 janvier 2008

Radieux, pas tant que ça

radieuxEn décembre 2006 (déjà !), j'encensais le recueil Axiomatique, de Greg Egan, me régalant même à l'avance de l'imminence d'un second volume. Un an plus tard, les éditions du Bélial nous ont livré ce volume tant attendu. Comme Egan peut parfois être décevant, c'est avec un mélange d'appréhension, d'envie, et de curiosité que j'ai ouvert la boîte de Shrödinger. Et comme la curiosité tue le chat, et bien le petit chat (de Shrödinger) est mort. Radieux est globalement mauvais, à mon goût. Il est en tout cas bien inférieur à Axiomatique. J'ai eu une impression d'enfermement en lisant ces nouvelles, sûrement due au fait que nombre d'entre elles sont datées. Le lecteur est plongé dans une anticipation périmée, transformée par les ans en uchronie rance et involontaire. Même en faisant l'effort de se détacher de ces repères temporels, le lecteur ne peut totalement sauver ces récits. Bref, Radieux ne m'a pas fait rêvé, ne m'a pas donné envie d'y être.
Heureusement, il me reste quelques lectures sous le coude, comme Le complexe du chimpanzé tome 2, Fiction, spécial N° 2 : Les Noëls électriques, L'Ecorcheur, Entrefer, et Les Seigneurs de l'instrumentalité, tome 2 : La Planète Shayol... À suivre !

dimanche 7 octobre 2007

La Saison de la Coulœuvre

La Saison de la CoulœuvreLa Saison de la Coulœuvre est une bande dessinée hors norme. Déjà, elle est plus grande (et plus chère) que la moyenne, ce qui pourrait poser quelques problèmes à mes étagères si elles n'étaient pas déjà complètement pleines. Ensuite, elle est belle : la couverture est soignée et la mise en couleurs si particulière des planches sert formidablement l'histoire. À mon sens, le seul défaut de l'illustration se situe dans la représentation des visages humains. Tout le reste est parfait. L'édition est soignée et l'histoire très agréable à lire. Hâtez-vous d'acheter ce premier tome. Ça coûte 16,50€ et c'est chez L'Atalante dans la collection Flambant 9. Scénariste Serge Lehman, dessin Jean-Marie Michaud.

mercredi 26 septembre 2007

Moréa

moreaDepuis que j'ai lu L'éveil de la bête (ainsi que le second tome du Codex Angélique, le surprenant Corpus Crispies, et le 11ème tome du Chant des Stryges...), j'ai été rattrapé par une petite fringale de BD. Plutôt que de résister vainement j'ai décidé de céder efficacement. Je suis donc ressorti de chez mon dealer habituel avec les 5 tomes de Moréa.
Moréa, c'est une sorte de Largo Winch avec des gros nichons qu'on aurait mélangé à Highlander. Il y aurait vraiment eu matière à faire quelque chose d'original, malheureusement, passé les 2 ou 3 premiers tomes, l'histoire s'enlise. Le récit qui partait bien, perd beaucoup de force sur la durée, et le dernier tome est vraiment décevant. C'est d'autant plus dommage que le graphisme lui, est bon et constant tout au long de la série. Peut être aura-t-on le droit à une suite un peu plus dynamique.

note : je viens de m'apercevoir que les éditeurs Delcourt et Soleil s'amusent à changer de site, voire de nom de domaine, sans conserver aucune compatibilité avec les anciennes URL. Tous les liens de mes précédents articles vers leurs fiches Auteur/Album/Série sont maintenant invalides. En conséquence, je ne me fatiguerai plus à faire des liens vers ces gens. Et comme je ne mentionne pas l'éditeur quand je parle d'un titre c'est autant de publicité gratuite perdue pour eux.

vendredi 7 septembre 2007

Gaiman, SF, poésie, et bande dessinée

fragile things

Depuis plusieurs mois, j'ai développé un fort intérêt pour la prose de Neil Gaiman, et je me régale de la lire sous les formes les plus variées. Une des forces de Gaiman, c'est qu'il est aussi bon pour les nouvelles que pour les romans. Le recueil Fragile Things regroupe 27 nouvelles très plaisantes, à dévorer en version originale. L'une d'elle reprend même le personnage principal d'American Gods, pour le plus grand plaisir des nostalgiques de mon espèce.
On notera que Neil Gaiman offre en téléchargement libre la version audio de la nouvelle How To Talk To Girls At Parties. J'avais eu l'occasion d'écouter une partie de cette nouvelle avant même d'acheter le livre, et quand j'ai enfin pu attaquer la lecture de Fragile Things, j'étais imprégné de l'accent anglais de l'auteur. Ainsi, au fil de ma lecture, j'entendais dans ma tête Neil Gaiman me lire chaque nouvelle. L'effet est sensationnel.

Dans la série "je vais lire tout ce qu'a fait Neil Gaiman", j'ai profité du début du mois de septembre pour lire De bons présages. J'étais un peu réticent à l'idée de lire un bouquin auquel a participé Terry Pratchett, car j'avais juré de bannir ce dernier de ma bibliothèque après avoir enduré le Grand Livre des Gnomes. Finalement, De bons présages est une réussite, et le style de Gaiman n'est pas dilué par la coopération des deux auteurs. L'humour est présent quasiment en permanence, et ceux qui ont rit avec Neverwhere ne doivent rater De bons présages sous aucun prétexte.
Pour finir avec Gaiman, j'ai commencé la lecture de Anansi Boys en version originale, et ça s'annonce très bien.

Les Seigneurs de l'InstrumentalitéDans un tout autre genre, j'ai fait une découverte des plus surprenantes au rayon SF : Les Seigneurs de l'Instrumentalité, de Cordwainer Smith (rassurez vous, c'est un pseudonyme). Ce bouquin de SF est un OVNI. Tour à tour déroutant, fascinant, intrigant, cet ouvrage multiplie les défis pour le lecteur. On croit en premier lieu acheter un premier tome d'une saga, et on se retrouve avec une sorte de puzzle de 17 nouvelles en apparence hétéroclites. Au fil de la lecture, on découvre un lien entre les nouvelles et une grande toile se tisse progressivement devant nos yeux incrédules. Franchement sceptique au début, déboussolé par la suite, et satisfait finalement, je pense pouvoir dire que j'ai eu à peu prêt toutes les opinions possibles à propos de ce premier tome des Seigneurs de l'Instrumentalité. Alors ouvrez votre esprit et laissez vous emporter par Smith, ça en vaut la peine.

Vieux souvenir de bachelier, la poésie de Francis Ponge a toujours gardé une place particulière dans mon référentiel littéraire. Non que je sois un fan inconditionnel, certaines de ses pièces sont pour moi tout à fait indigestes et j'en connais finalement très peu. J'ai simplement trouvé très à mon goût Le Pain (extrait du recueil Le Parti-pris des Choses) qu'on m'a proposé comme sujet de commentaire composé au bac de français.
Mais le Francis Ponge que j'aime à me rappeler, c'est surtout celui de l'Adolescente (extrait du recueil Pièces) :

On jouit à la gorge des femmes de la rondeur et fermeté d'un fruit ; plus bas, de la saveur et jutosité du même.
Cette citation à elle seule synthétise une bonne partie de l'œuvre de Ponge. La chair, qu'il évoque dans sa dimension érotique et plus encore dans celle de la nourriture, est au centre de ses préoccupations poétiques.

Pour terminer ce post déjà bien trop long, une petite recommandation de bande dessinée : L'éveil de la Bête, premier tome de la série Hel chez Delcourt est assez prometteur. J'ai apprécié l'image autant que le début du scénario. Le seul défaut c'est que maintenant il faut attendre la suite.

jeudi 16 août 2007

Dailylit : lire un peu, chaque jour

logo de DailyLitLes gens qui ne lisent pas faute de temps n'ont plus d'excuse valable. Depuis mai 2007, Dailylit se propose de vous envoyer par email, ou par flux RSS, une petite dose de lecture quotidienne. Via un abonnement gratuit, vous avez le choix entre plus de 500 titres du domaine public, essentiellement en anglais, mais aussi en français, italien, espagnol.
J'ai pour ma part choisi de tester Dailylit avec The Time Machine de H. G. Wells. J'ai réglé les préférences pour recevoir un email de taille normale chaque jour vers 14h. Il est possible de sélectionner un format de mail long et plus long, ainsi que les jours de la semaine où l'on souhaite recevoir les feuillets électroniques. The Time Machine est un ouvrage relativement court, il est délivré en 38 morceaux, à raison de 700 à 800 mots par email. Pour les débutants de la version originale ou pour les gens qui n'ont que quelques minutes par jour à consacrer à leur feuilleton littéraire, c'est une quantité raisonnable. Pour les autres, il y a en fin de chaque épisode un lien qui vous permet de recevoir immédiatement l'épisode suivant.

dimanche 3 juin 2007

Sans parler du chien

sans parler du chien - couverture La science fiction qui s'intéresse au voyage temporel s'aventure toujours sur un terrain glissant, les lecteurs de SF étant bien moins prompts à pardonner les erreurs et les incohérences que, disons, les lecteurs des romans de Dan Brown. Néanmoins, Connie Willis s'en tire brillamment avec deux prix Hugo pour deux romans basés sur le voyage dans le temps. Dans Le Grand Livre et Sans parler du chien, Willis nous raconte les aventures d'historiens anglais du Collège Balliol (Université d'Oxford) dans les années 2050. Et, bien que ces deux romans soient tout à fait indépendants l'un de l'autre, il est intéressant de les lire dans l'ordre pré-cité (qui est l'ordre de leur parution en version originale).

Le Grand Livre met en scène le transfert d'une étudiante en histoire au XIVème siècle dans la proche banlieue d'Oxford, au début de l'épidémie de peste noire qui ravagea l'Europe. Difficile de trouver de quoi sourire dans ce roman à la fois sombre et désespéré, où l'héroïne se démène pour alléger les souffrances de ses proches et tenter de regagner son époque. Ce roman est si sombre que finalement le dénouement est ressenti comme un happy end à l'américaine, alors que ce n'est pas vraiment le cas. Les lecteurs uniquement francophones passerons à coté de l'allusion du titre original, Doomsday Book, dont le sens premier est explicité dans le roman, mais qui fait aussi référence au Jugement Dernier. Cela prend toute sa signification dans le récit.

Sans parler du chien est quant à lui bien plus léger. Comme l'expliquent les nombreuses critiques sur Noosfere, il contient des centaines de références à la littérature victorienne. Quoi qu'il en soit, on peut tout à fait se délecter de ce roman sans avoir jamais rien lu d'antérieur à 1920. Et c'est ça qui compte. Les personnages sont bringuebalés avec beaucoup d'humour et d'ironie de kermesse en séances de spiritisme et de bombardements en balades en canot tout en essayant de préserver le continuum contre les paradoxes temporels. Les dialogues décalés, les personnages déphasés par leurs sauts dans le temps, les jeunes filles romantiques et écervelées, le goût de l'ère victorienne pour la décoration surchargée, tout est prétexte à l'humour et à la critique. C'est un roman bien plus complexe que Le Grand Livre, plus drôle, et certainement plus abouti. Même si les deux sont très bons, Sans parler du chien est résolument le meilleur des deux.

mercredi 16 mai 2007

Une vie française

Une vie françaiseJe suis à la frontière de la honte, à la limite de l'humiliation. Moi, le fervent défenseur de la science fiction la plus dure, de l'évasion la plus radicale, j'ai lu un "Roman FNAC", prix Femina 2004, et j'ai aimé ça. Dans Une vie française, Jean-Paul Dubois nous raconte 46 ans d'histoire de France au travers de la vie de Paul Blick. Impossible de résumer ici les aventures de ce Forrest Gump à la française, mais le format du récit n'est pas sans rappeler le film américain. Finalement, la vie de Blick montre comment l'homme est emporté par la roue inflexible du temps, et le découpage des chapitres en mandats présidentiels renforce cette impression. Derrière le nom de Jean-Paul Dubois, tellement franchouillard, tellement banal, se cache un auteur plein de sensibilité et de talent. Son style très fluide, son humour, font d'Une vie française un roman savoureux, extrêmement agréable à lire. Même si j'ai remarqué deux ou trois fois des répétitions incongrues, et qu'arrivé vers la fin j'ai finit par entrevoir les ficelles émotionnelles de la narration, j'ai pris un plaisir réel à lire ce livre. Il m'a fait vivre la France de mes parents, puis revivre la France de ma jeunesse jusqu'à la France du second mandat de Jacques Chirac. Un voyage dans le temps qui se fait avec le sourire aux lèvres presque tout le long.

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