Gaiman, SF, poésie, et bande dessinée

fragile things

Depuis plusieurs mois, j'ai développé un fort intérêt pour la prose de Neil Gaiman, et je me régale de la lire sous les formes les plus variées. Une des forces de Gaiman, c'est qu'il est aussi bon pour les nouvelles que pour les romans. Le recueil Fragile Things regroupe 27 nouvelles très plaisantes, à dévorer en version originale. L'une d'elle reprend même le personnage principal d'American Gods, pour le plus grand plaisir des nostalgiques de mon espèce.
On notera que Neil Gaiman offre en téléchargement libre la version audio de la nouvelle How To Talk To Girls At Parties. J'avais eu l'occasion d'écouter une partie de cette nouvelle avant même d'acheter le livre, et quand j'ai enfin pu attaquer la lecture de Fragile Things, j'étais imprégné de l'accent anglais de l'auteur. Ainsi, au fil de ma lecture, j'entendais dans ma tête Neil Gaiman me lire chaque nouvelle. L'effet est sensationnel.

Dans la série "je vais lire tout ce qu'a fait Neil Gaiman", j'ai profité du début du mois de septembre pour lire De bons présages. J'étais un peu réticent à l'idée de lire un bouquin auquel a participé Terry Pratchett, car j'avais juré de bannir ce dernier de ma bibliothèque après avoir enduré le Grand Livre des Gnomes. Finalement, De bons présages est une réussite, et le style de Gaiman n'est pas dilué par la coopération des deux auteurs. L'humour est présent quasiment en permanence, et ceux qui ont rit avec Neverwhere ne doivent rater De bons présages sous aucun prétexte.
Pour finir avec Gaiman, j'ai commencé la lecture de Anansi Boys en version originale, et ça s'annonce très bien.

Les Seigneurs de l'InstrumentalitéDans un tout autre genre, j'ai fait une découverte des plus surprenantes au rayon SF : Les Seigneurs de l'Instrumentalité, de Cordwainer Smith (rassurez vous, c'est un pseudonyme). Ce bouquin de SF est un OVNI. Tour à tour déroutant, fascinant, intrigant, cet ouvrage multiplie les défis pour le lecteur. On croit en premier lieu acheter un premier tome d'une saga, et on se retrouve avec une sorte de puzzle de 17 nouvelles en apparence hétéroclites. Au fil de la lecture, on découvre un lien entre les nouvelles et une grande toile se tisse progressivement devant nos yeux incrédules. Franchement sceptique au début, déboussolé par la suite, et satisfait finalement, je pense pouvoir dire que j'ai eu à peu prêt toutes les opinions possibles à propos de ce premier tome des Seigneurs de l'Instrumentalité. Alors ouvrez votre esprit et laissez vous emporter par Smith, ça en vaut la peine.

Vieux souvenir de bachelier, la poésie de Francis Ponge a toujours gardé une place particulière dans mon référentiel littéraire. Non que je sois un fan inconditionnel, certaines de ses pièces sont pour moi tout à fait indigestes et j'en connais finalement très peu. J'ai simplement trouvé très à mon goût Le Pain (extrait du recueil Le Parti-pris des Choses) qu'on m'a proposé comme sujet de commentaire composé au bac de français.
Mais le Francis Ponge que j'aime à me rappeler, c'est surtout celui de l'Adolescente (extrait du recueil Pièces) :

On jouit à la gorge des femmes de la rondeur et fermeté d'un fruit ; plus bas, de la saveur et jutosité du même.

Cette citation à elle seule synthétise une bonne partie de l'œuvre de Ponge. La chair, qu'il évoque dans sa dimension érotique et plus encore dans celle de la nourriture, est au centre de ses préoccupations poétiques.

Pour terminer ce post déjà bien trop long, une petite recommandation de bande dessinée : L'éveil de la Bête, premier tome de la série Hel chez Delcourt est assez prometteur. J'ai apprécié l'image autant que le début du scénario. Le seul défaut c'est que maintenant il faut attendre la suite.

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