Munin, carte RAID, et température des disques durs

Monitorer la température de ses disques durs n'est pas très compliqué. De base, Munin fait ça très bien avec un minimum de réglages. Il suffit d'installer smartmontools, Munin, et de régler ce dernier pour qu'il sache quels disques on veut surveiller.
On obtient rapidement ce genre de graphique :

Mais si les disques durs sont connectés non pas à la carte mère directement, mais à une carte RAID, la chose se complique. En effet, le système ne sait pas qui est ad4 (ou ad6, ou toute autre appellation interne). Le système ne voit que la carte RAID.

Disons que nous sommes sur un bon système (FreeBSD), avec une bonne carte RAID (3Ware) utilisant le pilote twa. Cette carte sera donc vue du système sous le nom interne /dev/twa0 (0 car c'est la première carte de ce type dans la machine).
L'outil smartctl permet d'accéder au S.M.A.R.T. des disques durs au travers de la carte RAID par des requêtes comme :

smartctl -a /dev/twa0 -d 3ware,0  # 1er disque branché sur la carte
smartctl -a /dev/twa0 -d 3ware,1  # 2nd disque branché sur la carte
...

Comme le plugin hddtemp_smartctl de Munin utilise smartctl aussi, il ne reste plus qu'à lui faire comprendre la syntaxe. On ne doit plus lire les données S.M.A.R.T. de /dev/ad4, /dev/ad6… mais celles de /dev/twa0 -d 3ware,0, /dev/twa0 -d 3ware,1
Il faut éditer le fichier plugins.conf de Munin, en créant une section [hddtemp_smartctl] dans la quelle :

  1. on crée des disques durs "virtuels"
  2. on rattache chacun de ces disques à notre carte twa0
  3. on précise le type de chaque disque dur (3Ware,0, 3Ware,1…)

Voici ce que cela donne pour une carte 3Ware twa0, à la quelle sont connectés quatre disques durs que l'on décide de nommer tout à fait arbitrairement hd0 à hd3 :

[hddtemp_smartctl]
env.smartctl /usr/local/sbin/smartctl
env.drives hd0 hd1 hd2 hd3
env.dev_hd0 twa0
env.dev_hd1 twa0
env.dev_hd2 twa0
env.dev_hd3 twa0
env.type_hd0 3ware,0 
env.type_hd1 3ware,1
env.type_hd2 3ware,2
env.type_hd3 3ware,3

J'insiste bien sur le fait que les noms hdx sont des abstractions arbitraires, utilisées pour mettre en relation un "dev" et un "type". On pourrait mettre "toto", "titi"… cela marcherait de la même manière.
Cela donne finalement quelque chose comme ça :

Juste des photographes…

I Am a Photographer Not a TerroristIl semble que les photographes d'outre-Manche en aient assez d'être traités comme des terroristes. Les campagnes d'incitation à la délation vigilance lancées par le gouvernement anglais ne font d'ailleurs pas dans la dentelle : toute personne qui prend des photographies est suspecte !

photographe_suspect

Les photographes Grand-Bretons viennent donc de monter une campagne pour manifester leur amour de la photographie, et leur volonté de ne pas se laisser faire par des comportements liberticides et souvent même illégaux de la police anglaise.

Pendant ce temps, les témoignages d'abus se multiplient :
Heavy-handed policing against photographers caught on video
Another video journalist stopped at Greek protest
The photograph that terrorized London
Innocent photographer or terrorist?
You Can't Picture This
radio for back up
Sex pictures shock!

Et ça arrive en France :
Deux photographes et une quarantaine de clowns au poste après le défilé du 14 juillet

Slife et la vie privée, un mois après

icone Slife (c) SlifeLabsIl y a un mois, j'écrivais ici à propos de Slife, un outil de time tracking gratuit pour Mac OS X et Windows. Je m'en suis servi tout ce temps sur ma machine personnelle et sur ma machine professionnelle. Il est donc temps de revenir sur ce logiciel.
À mon sens, le gros défaut de Slife (une fois qu'on a accepté ses limites fonctionnelles) c'est l'impossibilité d'accéder aux données enregistrées a postériori. Cela pose un vrai gros problème de respect de la vie privée. En effet, chaque document, chaque page web, chaque email ouvert va donner lieu à un enregistrement dans la base de données de Slife. Ce dernier pourra afficher sans état d'âme des événements comme ceux-ci dans votre tracking journalier et mensuel :

  • aide mobilité site:SuperJob.fr - Google Search
  • Grosse Cochonne sans culotte - xXx

Inutile de vous faire un dessin. Dans votre navigateur vous êtes libre à tout moment d'effacer votre historique. Dans Slife, vous ne pouvez pas le faire. Si vous avez oublié d'activer le mode "Privé" avant de chercher un nouveau job, ou d'aller mater quelques paires de fesses au nez et à la barbe de votre employeur, vous êtes cuits.
Bien sûr, il y aura toujours un petit malin pour aller éditer la base de données de Slife à la main. Mais ce n'est pas le genre d'acrobatie à la portée du premier venu. Je vais néanmoins donner la marche à suivre. Notez bien : j'ai bien sûr testé cette manipulation, mais je ne peux pas garantir qu'elle est inoffensive sur le long terme. Il n'est pas complètement exclu que cela crée des problèmes de cohérence des données dans Slife.
Comme on s'y serait attendu, Slife stocke ses données dans une base de données SQLite (en tout cas sous Mac OS X). SQLite est un moteur de bases de données SQL, léger et rapide. Contrairement à MySQL ou autre, vous n'avez pas besoin qu'un serveur tourne en permanence pour accéder aux données. C'est aussi ce moteur qui est utilisé par Spotlight.
Il est possible de rentrer dans des bases de données SQLite directement avec les outils fournis dans Mac OS X. Il faut pour cela lancer l'application Terminal, et taper au prompt :

sqlite3 "Library/Application Support/Slife/db20.slife"

ce qui retourne :

SQLite version 3.4.0
Enter ".help" for instructions
sqlite>

On peut ensuite taper :

.databases

ce qui doit donner quelque chose de ce genre, modulo votre nom d'utilisateur :

seq  name             file                                                      
---  ---------------  ----------------------------------------------------------
0    main             /Users/patpro/Library/Application Support/Slife/db20.slife

Posons maintenant que vous souhaitiez supprimer tous les événements enregistrés dont le titre contient SuperJob.fr, car vous ne voulez pas que votre patron soupçonne que vous préparez votre départ.
La première étape pour ne pas faire de bêtise c'est de quitter Slife car être deux (Slife et vous) en train d'éditer la base de données au même instant pourrait être fâcheux. Après avoir quitté Slife, faites une copie de sauvegarde du fichier db20.slife.
La seconde étape consiste à afficher sans les détruire les événements ciblés. On utilise pour cela l'instruction SQL SELECT. Au prompt sqlite> tapez :

SELECT * FROM ZITEMRECORDED WHERE ZNAME LIKE "%SuperJob.fr%";

Après validation, vous allez obtenir un listing de tous les enregistrements qui contiennent "SuperJob.fr" dans le titre :

10|2478|1|2008|7|10|30|34.0|Safari||aide mobilité site:SuperJob.fr - Google Search
10|2479|2|2008|7|10|30|8.0|Safari||SuperJob.fr, numéro 1 de l’emploi en ligne
10|2480|1|2008|7|10|30|9.0|Safari||Bulletin Officiel de SuperJob.fr n° 2002-2

Lisez bien tous les titres pour vérifier que vous n'allez pas supprimer des événements qui ne devraient pas l'être.
Si c'est bon, vous pouvez lancer le DELETE :

DELETE FROM ZITEMRECORDED WHERE ZNAME LIKE "%SuperJob.fr%";

Vous pouvez, à l'issue de ce DELETE, refaire le SELECT pour vérifier qu'il ne reste rien. Mais il n'y a aucune raison qu'un enregistrement ait échappé au DELETE.

Ensuite, vous quittez SQLite en tapant au prompt .quit, puis vous pouvez relancer Slife et vérifier que les enregistrements incriminants ont disparu.

Pour ceux qui sont désespérément allergiques au terminal, il existe une paire de clients graphiques pour accéder à des bases SQLite. J'ai testé rapidement SQLite Database Browser 1.3, et à première vue il donne satisfaction. Néanmoins il est compilé pour PowerPC uniquement. Je ne saurai garantir son fonctionnement sur plateforme Intel.

Slife : le time tracking pour tous

slife-icone (c) slifelabsLe "time tracking" informatique est une notion importante pour de nombreuses personnes. Que vous soyez graphiste en agence de com' ou que vous soyez développeur freelance, surveiller et comptabiliser la manière dont vous utilisez votre temps de travail est souvent la clé de voute de votre facturation ou de celle de votre employeur. Il n'est jamais aisé de savoir combien de temps on a passé réellement sur tel ou tel projet, dans telle ou telle application, ou quels documents nous ont demandés le plus long travail.
Bien sûr, il existe des d'applications dédiées à ce genre de comptabilité. En voici une, gratuite et fonctionnant aussi bien sur Mac OS X que sur Windows : Slife 2.0.

Slife 2.0 est une application pleine de promesses, et d'une apparente simplicité. En réalité, elle est plus complexe à prendre en main que son interface pourrait le faire penser. Par ailleurs, il faut le souligner dès maintenant, il lui manque des fonctions importantes, voire essentielles, pour s'adapter à nos manières de travailler.

fenetre de slife : suivi des applications

Slife vous permet de suivre l'utilisation de presque toutes vos applications, de vos documents, et votre utilisation d'internet. Par défaut, l'historique est conservé un an, et la mise à jour se fait toutes les cinq secondes. Slife permet en plus de suivre l'utilisation de votre machine sous la forme d'activités, définies par vous. Chaque activité que vous créez peut regrouper des applications, des documents, et des URL. Je peux, par exemple, définir une activité "Mail", pour la quelle je ne vais suivre que l'utilisation de l'application Mail. Je peux aussi créer une activité "Lecture des news", pour la quelle je vais suivre l'utilisation de mon agrégateur RSS, de mon lecteur de newsgroups, et de l'URL http://news.google.fr/.

C'est dès maintenant que les premières limitations de Slife se font sentir. Il est impossible de tracker l'utilisation d'une même application dans deux activités différentes. Par exemple, vous développez du code PHP dans BBEdit. Vous souhaitez savoir combien de temps au total vous passer à coder, et combien de temps en particulier vous passez sur un projet donné de développement. Il faudra malheureusement choisir l'un ou l'autre, car activer le suivi de BBEdit dans la seconde activité, le désactivera dans la première.

De même, il est possible de suivre votre temps de travail sur un document d'après son nom, mais pas d'après le nom du dossier parent. Donc malheureusement, si les documents de deux projets portent le même nom (flyer.psd, index.php, ...) il sera impossible de les distinguer. Il est par contre possible de suivre l'utilisation des documents en précisant seulement une partie du nom. Si vous avez l'habitude de nommer vos documents avec un identifiant de projet (flyer_8652.psd, template_8652.ai, bat_8652.pdf...), il est alors très simple de créer une activité qui va tracker votre travail sur ces documents. Il suffit de définir une activité pour ce projet numéro 8652, et d'y associer un document "8652". Slife va suivre tous les documents que vous éditez et dont le nom contient "8652", quelque soit l'application utilisée.

Le tracking des documents d'un même dossier dans le cadre d'une activité est une fonction à l'étude chez Slifelabs, car de nombreux utilisateurs la réclament. Néanmoins, aucune date de disponibilité n'est annoncée, et toutes les ressources de Slifelabs ont été dédiées au portage vers Windows de la version 2 du logiciel.

En terme d'ergonomie, Slife est capable du meilleur comme du pire, malheureusement. Le meilleur, c'est le menu qui permet à tout moment, et dans toutes les applications d'ajouter le document ou l'application de premier plan à une des activités existantes. Il est possible aussi d'entrer dans un mode "privé", qui interrompt le tracking. Le pire, ce sont les différentes fenêtres de l'application, qui ne supportent pas le glisser-déposer, qui manquent de menus contextuels, voire même de cohérence.
Par ailleurs, notez bien que la fenêtre d'édition des activités est une fenêtre trompeuse. La liste des documents et URL est une liste globale. Si vous supprimez ou modifiez un document de cette liste, il sera supprimé ou modifié dans toutes les activités.

Slife propose en plus un mode connecté, Slife Teams, pour suivre le travail de plusieurs collaborateurs via une interface web. Cette option n'est actuellement accessible qu'après inscription auprès de Slifelabs. Si je suis retenu pour tester Slife Team, je ferais un second article.

Pour conclure, Slife est une application pleine de potentiel, mais encore très immature. Elle mérite qu'on lui porte de l'intérêt et qu'on fasse des retours enthousiastes à ses développeurs, mais son déploiement dans un contexte où les workflows sont bien rodés ne sera pas toujours possible. J'espère que les principales limitations seront abolies par les versions suivantes. Néanmoins, si vous n'êtes pas intéressés par le tracking d'activités complexes, Slife vous suffira largement.

Pour :

  • gratuite
  • (très) faible consommation de resources
  • prise en main rapide
  • développeurs à l'écoute, via les forum de slifelabs

Contre :

  • pas de tracking pour les dossiers
  • pas de tracking pour certaines applications (UT2004 par exemple)
  • interface vraiment perfectible

Une photo dans une meule de foin

Logo de Tineye.com Il y a une chose pour la quelle l'informatique est douée, c'est comparer des textes, des chaînes de caractères. Rien de plus facile, en théorie, que de trouver une aiguille dans une meule de foin. Pour peu que la meule soit correctement indexée, et que l'on connaisse l'orthographe même approximative de l'aiguille.
Pour les images, c'est une autre paire de manche. Imaginez-vous, devant un moteur de recherche classique, une photo à la main, essayant de trouver sur Internet des photos identiques ou similaires. Quiconque a déjà essayé, ou même s'est simplement posé la question, sait combien la tâche est impossible.
Rassurons-nous (?), la motivation de l'argent est très forte en matière de propriété intellectuelle, et permet en général de dépasser les obstacles bassement technologiques.
Ainsi, l'entreprise Idée a mis au point un ensemble de technologies qui lui permettent de comparer très efficacement des images. Si efficacement qu'elle propose ses services à un paquet de gens dans le milieu de la presse et de la photographie.
La partie intéressante pour le vulgus, c'est le moteur de recherche qui pointe son nez. Imaginez un moteur de recherche dans le quel vous n'envoyez plus des mots clés, mais des images. Ce moteur cherche alors dans son index et vous retourne toutes les occurrences de ces images, ainsi que leurs déclinaisons, qu'il a pu rencontrer pendant son parcours sur Internet.
C'est le défi que vient de relever Idée, avec son moteur de recherche TinEye. Encore en béta, le moteur n'a indéxé qu'un peu plus d'un milliard d'images pour le moment. C'est très peu en comparaison de ce qui est disponible sur Internet, néanmoins, c'est suffisant pour faire quelques tests prometteurs.

Les dérives commerciales sont bien sûres évidentes, la déclinaison du moteur sous la forme TinEye Music en est un parfait exemple, mais ne boudons pas notre plaisir. Il n'y a pas de mauvaises technologies, il n'y a que de mauvais usages.

Le droit ou l’argent ?

Ne vous méprenez pas, quand on vous parle de propriété intellectuelle ou de droits d'auteur, on ne vous parle pas de droit, on vous parle d'argent.

De : machin@adagp.fr
Date : 8 août 2008 12:42:48 HAEC
Objet : Réf.: http://sites.univ-lyon2.fr/../../

Réf.: http://sites.univ-lyon2.fr/../../

Monsieur,

Nous constatons sur le site Internet suivant, cité en référence, la reproduction et la communication au public d’œuvres de Le Corbusier sans qu’aucune autorisation préalable ne vous ait été délivrée conformément au Code de la Propriété Intellectuelle.
Nous vous rappelons, en effet, qu’aux termes de l’Article L 122-4 du Code de la Propriété Intellectuelle, toute reproduction ou représentation d’une œuvre faite sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit est illicite. 
Nous vous demandons de retirer dès aujourd’hui les oeuvres reproduites ou nous devrons procéder à la facturation.
Vous voudrez bien nous confirmer par retour que le nécessaire a été fait.

Dans cette attente, nous vous adressons, Monsieur, nos salutations distinguées

Machin, service multimédia
machin@adagp.fr

société des auteurs dans les arts graphiques et plastiques - 11 rue Berryer - 75008 Paris
T +33 (0)1 43 59 09 79 - F +33 (0)1 45 63 44 89 - www.adagp.fr - Banque d’images : http://bi.adagp.fr

Non, voyons, pas de procès, nous pouvons nous faire justice nous même avec une petite facture. C'est tellement plus simple.

11/11/08 Journée internationale contre la surveillance

Freedom not Fear 2008Depuis les fameux attentats du 11 septembre, l'étau de la surveillance s'est considérablement resserré sur les gens, écrasant chaque jour un peu plus les libertés fondamentales et les droits de l'Homme. Surveillance d'état, surveillance privée, tout est bon pour entretenir la suspicion. Et finalement, tout cela fait beaucoup de dégâts pour des bénéfices qui restent à démontrer.
Dans ce contexte, de plus en plus d'organisations se mobilisent pour lutter contre la surveillance généralisée. Dans ce but, des dizaines de collectifs et organisations se regroupent pour monter des manifestations dans 29 villes d'Europe ainsi qu'aux États Unis.

Le manifeste de cette Journée internationale d'action du 11 octobre 2008 "Freedom not fear - Stop the surveillance mania!" couvre quatre grands points :

  • Réduction de la surveillance
  • Evaluation des moyens de surveillance existants
  • Moratoire pour les nouveaux moyens de surveillance
  • Garantie de la liberté d'expression, de dialogue et d'information sur l'Internet

Si vous souhaitez aider à la réalisation de cette manifestation, ou apporter un soutient quelconque, contactez dès maintenant Human Rights 21.