Double exposition sur film

Il y a quelques années j'avais exploré avec une amie le travail en double exposition sur film. Malheureusement une panne de flash avait largement perturbé mes plans et j'avais du me rabattre sur un bricolage de fortune qui n'avait pas donné satisfaction. En juin 2022 j'ai décidé de remettre mon ouvrage sur le métier avec la précieuse collaboration d'une Emma percluse de fatigue. Ça tombait bien (la fatigue), car pour le modèle c'est un travail lent et très statique.

Pour en venir au cœur du sujet, la double exposition sur film c'est l'action de prendre deux photos sur la même tranche de film. Dans un processus normal après avoir pris une photo, le film se déplace pour que la photo suivante soit prise sur une partie vierge. Ici on bloque le déplacement du film pour prendre une seconde image par dessus la première. Mélanger deux images n'importe comment n'apporte en général pas grand chose. Le mélange doit être un petit peu préparé (dans la tête du photographe) pour que le résultat soit autre chose qu'une image illisible. Il s'agit de garder en tête une règle très simple : une pellicule ne peut recevoir qu'une quantité donnée de lumière. Donc les zones noires de la première photo pourront recevoir des informations lumineuses de la seconde photo mais les zones blanches de la première photo ne pourront presque pas recevoir de lumière de la seconde photo.
Avec cette règle de base en tête j'avais décidé de créer des images très simples. Une première photo découpant une silhouette en ombre chinoise permet de créer une zone blanche (autour) et une zone noire (la silhouette) assez bien identifiées. La seconde photo n'aura alors en théorie pour s'exprimer que l'espace noir de la silhouette, le tour étant déjà saturé de lumière.
La différence entre la théorie et la pratique (en tout cas pour moi) se situe dans la difficulté d'obtenir une silhouette bien propre, sans que la lumière bave partout. C'est presque impossible en réalité sans un matériel professionnel spécifique. Avec une boite à lumière conventionnelle, la lumière qui se trouve derrière le modèle va nécessairement baver sur le devant du modèle. Non pas qu'elle fasse le tour, elle se déplace en ligne droite, mais comme Emma est en 3D, on obtient toujours un peu de réflexions lumineuses sur les rotondités d'icelle. Ce n'est pas pour autant une malédiction : cette lumière qui parasite la franchise de la silhouette apporte une texture intéressante, un léger modelé et des détails assez bienvenus finalement car ils donneront du relief au résultat.

En termes de réalisation, il faut un arrière-plan très lumineux et un modèle statique pour réaliser la première photo. La seconde photo sera prise de préférence sur fond sombre, mais on peut varier les plaisirs en fonction de ce qu'on souhaite incruster dans la silhouette.
Le cadrage est important car un souci d'alignement entre les deux photos peut ruiner l'image finale.
Au delà des aspects créatifs il faut s'assurer du bon réglage de l'appareil, de la puissance du flash, maîtriser l'incidence de la lumière ambiante, etc. Comme il n'est ni très pratique ni économique de faire un rouleau de film et d'aller le développer pour voir ce que ça donne, j'ai utilisé mon boîtier numérique pour faire mes réglages et les reporter sur le Mamiya. Ce mode opératoire est rendu possible par une utilisation des deux appareils en manuel : sensibilité, vitesse et ouverture fixés à la main.
Mon optique étant d'incruster une image correctement exposée dans une silhouette totalement noire, sachant que le film supporte mieux la surexposition que le numérique, j'ai exposé chaque image normalement. Ci dessous un exemple de résultat, avant ("brut de scan") et après retouche :

Emma en double exposition, scan brut du négatif

Sur cet exemple le cadrage général n'est pas terrible, le cadrage de la seconde photo dans la première est perfectible, mais le rendu final est assez satisfaisant. La post-production a donc consisté en un recadrage pour éliminer l'espace non-blanc à la périphérie de la boîte à lumière. J'ai surexposé les zones claires pour blanchir tout le fond de l'image, légèrement noirci les tons sombres, ajouté un peu de contraste et de saturation.

Emma en double exposition, scan retouché

Dans un style moins floral voici un second exemple sur du film noir et blanc, avant/après :

Emma en double exposition, scan brut du négatif

Emma en double exposition, scan retouché

2021 en photos

2021 a été une bonne année photographique : une remise en selle en douceur avec un nouveau boîtier, un nouveau logiciel de traitement, une nouvelle énergie. Merci à toutes.

2022 sera un grand cru !

mosaïque des photos remarquables de 2021

Multi-head virtualized workstation: the end.

Four years ago I've started a journey in workstation virtualization. My goal at the time was to try and escape Apple's ecosystem as it was moving steadily toward closedness (and iOS-ness). I also though back then that it would allow me to pause planned obsolescence by isolating the hardware from the software.
I've been very wrong.

My ESXi workstation was built with power, scalability and silence in mind. And it had all this for a long time. But about 1.5 year ago I've started to notice the hum of one of its graphics card. Recently this hum turned into an unpleasant high pitched sound under load. The fans were aging and I needed a solution. Problem is, one just can't choose any graphics card off the shelf and put it into an ESXi server. It requires a compatibility study: card vs motherboard, vs PSU, vs ESXi, vs VM Operating system. If you happened to need an ESXi upgrade (from 5.x to 6.x for example) in order to use a new graphics card then you need to study the compatibility of this new ESXi with your other graphics cards, your other VM OSes, etc.
And this is where I was stuck. My main workstation was a macOS VM using an old Mac Pro Radeon that would not work on ESXi 6.x. All things considered, every single upgrade path was doomed to failure unless I could find a current graphics card, silent, that would work on ESXi 5.x and get accepted by the Windows 10 guest via PCI passthrough. I've found one: the Sapphire Radeon RX 590 Nitro+. Worked great at first. Very nice benchmark and remarquable silence. But after less than an hour I noticed that HDDs inside the ESXi were missing, gone. In fact, under GPU load the motherboard would lose its HDDs. I don't know for sure but it could have been a power problem, even though the high quality PSU was rated for 1000W. Anyway, guess what: ESXi does not like losing its boot HDD or a datastore. So I've sent the graphics card back and got a refund.
Second problem: I was stuck with a decent but old macOS release (10.11, aka El Capitan). No more updates, no more security patches. Upgrading the OS was also a complex operation with compatibility problems with the old ESXi release and with the older Mac Pro Radeon. I've tried a few things but it always ended with a no-go.
Later this year, I've given a try to another Radeon GPU, less power-hungry but it yielded to other passthrough and VM malfunctions. This time I choose to keep the new GPU as an incentive to deal with the whole ESXi mess.

So basically, the situation was: very nice multi-head setup, powerful, scalable (room for more storage, more RAM, more PCI) but stuck in the past with a 5 years old macOS using a 10 years old Mac Pro graphics card in passthrough on top of a 5 years old ESXi release, the Windows 10 GPU becoming noisy, and nowhere to go from there.

I went through the 5 stages of grief and accepted that this path was a dead-end. No more workstation virtualization, no more complex PCI passthrough, I've had enough. Few weeks ago I've started to plan my escape: I need a silent Mac with decent power and storage (photo editing), I need a silent and relatively powerful Windows 10 gaming PC, I need an always on, tiny virtualization box for everything else (splunk server, linux and FreeBSD experiments, etc.). It was supposed to be a slow migration process, maintaining both infrastructures in parallel for some weeks and allowing perfect testing and switching.
Full disclosure: it was not.

I've created the Mac first, mostly because the PC case ordered was not delivered yet. Using a NUC10i7 I've followed online instructions and installed my very first Hackintosh. It worked almost immediately. Quite happy about the result, I've launched the migration assistant on my macOS VM and on my Hackintosh and injected about 430 Go of digital life into the little black box. Good enough for a test, I was quite sure I would wipe everything and rebuild a clean system later.

Few days later I started to build the PC. I was supposed to reclaim a not-so-useful SSD from the ESXi workstation to use as the main bare metal PC storage. I've made sure nothing was on the SSD, I've shutdown ESXi and removed the SSD and it's SATA cable. I've also removed another SSD+cable that was not used (failed migration attempt to ESXi 6.x and test for Proxmox). I've restarted ESXi just to find out a third SSD has disappeared: a very useful datastore is missing, 7 or 8 VM are impacted, partially or totally. The macOS VM is dead, main VMDK is missing (everything else is present, even its Time Machine VMDK), the Splunk VM is gone with +60 Go of logs, Ubuntu server is gone, some FreeBSD are gone too, etc.
Few reboots later, I extract the faulty SSD and start testing: different cable, different port, different PC. Nothing works and the SSD is not even detected by the BIOS (on both PCs).
This is a good incentive for a fast migration to bare metal PCs.
Fortunately:
- a spare macOS 10.11 VM, blank but fully functional, is waiting for me on an NFS datastore (backed by FreeBSD and ZFS).
- the Time machine VMDK of my macOS VM workstation is OK
- my Hackintosh is ready even though its data is about a week old
- the Windows 10 VM workstation is fully functional

So I've plugged the Time machine disk into the spare macOS VM, booted it, and launched Disk Utility to create a compressed image of the Time machine disk. Then I've copied this 350 Go dmg file on the Hackintosh SSD, after what I've mounted this image and copied the week worth of out-of-sync data to my new macOS bare metal workstation (mostly Lightroom related files and pictures).
I've plugged the reclaimed SSD into the new PC and installed Windows 10, configured everything I need, started Steam and downloaded my usual games.
Last but not least, I've shutdown the ESXi workstation, for good this time, unplugged everything (a real mess), cleaned up a bit, installed the new, way smaller, gaming PC, plugged everything.

Unfortunately, the Hackintosh uses macOS Catalina. This version won't run many of paid and free software I'm using. Say good bye to my Adobe CS 5 suite, bought years ago, good bye to BBEdit (I'll buy the latest release ASAP), etc. My Dock is a graveyard of incompatible applications. Only sparkle of luck here: LightRoom 3 that seems to be pretty happy on macOS 10.15.6.

In less than one day and a half I've moved from a broken multi-head virtualized workstation to bare metal PCs running up-to-date OSes on top of up-to-date hardware. Still MIA, the virtualization hardware to re-create my lab.

What saved me:
- backups
- preparedness and contingency plan
- backups again

Things to do:
- put the Hackintosh into a fanless case
- add an SSD for Time machine
- add second drive in Windows 10 PC for backups
- buy another NUC for virtualization lab
- buy missing software or find alternatives

Vortex Tab90M, premiers retours

ViBE et Tab90M

ViBE et Tab90M

Depuis plus d'un an j'attends la disponibilité du clavier mécanique Vortex Tab90M en déclinaison ISO-FR. Il est disponible depuis quelques jours et j'ai pu avoir l'opportunité de passer ma commande avant même que l'engin apparaisse sur le site marchand du revendeur français. Résultat j'ai acheté les deux exemplaires en switches Silent Red.

Je vous passe les considérations de type "unboxing", le clavier est livré dans une boite en carton ce qui n'est pas une grosse surprise en soi, avec câble USB-A vers USB-C et un jeu de touches colorées. Ce qui impressionne au premier abord c'est le poids. Le Tab90M ISO-FR pèse 1404 grammes. Un kilo quatre cent grammes.
Touches de couleurs Tab90MEn comparaison, mon clavier mécanique Vortex ViBE ISO-FR avec ses pieds de sur-élévation pèse 808 grammes, et des claviers d'entrée de gamme grand public pèsent entre 400 et 500 grammes. Le Tab90M est aussi 5 bons centimètres plus court qu'un clavier grand public. Le châssis du Tab90M est sensiblement plus épais que celui du ViBE. Sans autre outil de mesure que mes yeux, je dirais qu'il est entre 1,5 et 2 fois plus épais, ce qui contribue à n'en pas douter au poids du clavier ainsi qu'à sa grande rigidité.
Différence d'épaisseur entre ViBE et Tab90M
Châssis de profilLe Tab90M est livré sans pied de sur-élévation, ce qui n'a pas manqué de me causer une certaine déception avant que je remarque que le châssis aluminium est usiné de façon à donner une légère inclinaison au clavier, exactement comme le font les petits pieds vissables sur le ViBE. L'absence de pieds pour sur-élever le Tab90M a un effet secondaire inattendu : posé sur un tapis de bureau le clavier repose alors sur toute sa surface ce qui lui donne une friction très importante avec le tapis. Ainsi il en devient très dur à faire glisser, en comparaison d'un clavier avec pieds, ou d'un clavier plus léger. C'est vraiment surprenant.

L'esthétique de la version ISO-FR peut aussi être une déception quand on a attendu ce modèle plus d'un an en regardant les photos de la version originale ANSI ou même des dérivés ISO-DE ou ISO-NOR. En effet les touches ne sont pas du tout similaires. Celles que l'on retrouve sur la version ISO-FR sont dans un profil DSA et dye sub en thème gris identique au Race 3, au lieu d'un profil VSA et d'un thème kaki double shot. Heureusement je savais à quoi m'attendre.

Pris cote à cote, le Tab90M a beaucoup moins de style ou de classe que le ViBE à mes yeux : il présente une rangée et une colonne de touches supplémentaires et l'écart entre chaque touche est plus étroit ce qui lui donne un aspect moins engageant (106 touches contre 80 pour le ViBE). Par contre le fait de disposer d'un pavé numérique qui n'assure pas en plus les fonctions de navigation (flèches, haut de page, bas de page, etc.) est un confort que je retrouve avec un immense plaisir.

L'utilisation du clavier est agréable, au moins autant que celle du ViBE, même si plus qu'à mon tour je cherche les flèches ou la touche Suppr sur le pavé numérique. Ce n'est qu'une question de temps avant que je reprenne mes marques. Chose assez déroutante : sur Mac OS la touche entrée du pavé numérique n'a pas fonctionné immédiatement alors qu'elle est fonctionnelle sur Windows et FreeBSD. J'ai du basculer le clavier en mode "Mac" (combinaison de touche Pn+z) puis rebasculer en mode "Windows" (Pn+a) et la touche entrée du pavé numérique s'est mise à fonctionner. Autant que je puisse dire cette manipulation n'est à faire qu'une fois.
to LED or not to LEDÀ l'usage on découvre malgré tout un souci de conception assez problématique : l'absence totale de retour visuel lors de l'activation du verrouillage majuscule (caps lock) ou du verrouillage numérique (num lock). Sur 99,99% des claviers, presser ces touches va activer une diode lumineuse quelque part pour indiquer à l'utilisateur que le verrouillage souhaité est engagé. Ici non, enfin si, mais non. Pour le verrouillage numérique, ce n'est tout simplement pas prévu, la LED n'existe pas. Par contre pour le verrouillage majuscule la LED existe, mais elle est placée sous le switch de la touche et ce dernier n'est pas transparent ! Si bien qu'on peut apercevoir pour peu que le regard ait la bonne inclinaison par rapport aux touches, une très discrète émission lumineuse sortant de quelque part sous les entrailles de la touche Verr. Maj. Je vois deux solutions à ce problème, toutes deux hors de ma portée : tout démonter et dessouder le switch pour le remplacer par un modèle compatible retro-éclairage ou reprogrammer le firmware du clavier pour que le verrouillage majuscule utilise la LED juste à côté qui ne sert qu'à valider les étapes de programmation du clavier.

3 semaines avec le Vortex ViBE

Après avoir utilisé mon nouveau clavier mécanique Vortex ViBE pendant un peu plus de 3 semaines il est temps de faire un petit retour sur l'engin. J'utilise depuis plus de 20 ans des claviers Apple français dont la disposition des touches diffère un peu de celle d'un clavier PC.
Le passage de l'un à l'autre n'est donc pas immédiatement naturel, a fortiori quand on abuse comme moi des raccourcis clavier. La touche maîtresse sur Mac est , qui est "mappée" sur la touche Win dont la position est inversée avec la touche Alt entre les deux types de clavier. Je me retrouve donc assez régulièrement à tenter des raccourcis clavier "alt-truc" en voulant taper ⌘-truc alors qu'il faudrait que je tape Win-truc (qui sur un clavier Mac donnerait "alt-truc"). C'est très frustrant sur macOS où je passe le plus clair de mon temps, mais pas sur d'autres OS où la touche utilisée pour les raccourcis est ctrl.

Autre aspect un peu pénible : sur un clavier Apple, la touche ⌘ est en deux exemplaires, de part et d'autre de la barre espace. Sur les claviers PC la touche Win n'existe qu'à gauche. Et ça s'est compliqué car la réalisation de certains raccourcis juste avec la main droite n'est plus possible tout en étant parfois trop tendue pour la main gauche, ce qui impose de faire Win avec la main gauche et la lettre ad-hoc avec la main droite. Les utilisateurs PC de longue date n'ont pas forcément ce souci, au moins ils en ont l'habitude et leurs doigts ne cherchent pas un raccourci que jamais ils ne trouvèrent. Dans le même ordre d'idée, l'emplacement du signe moins sur un clavier PC est une calamité incroyable, très hors d'atteinte alors qu'il (me) sert littéralement tout le temps. Sur clavier Apple il est à la place du signe égal à gauche de la touche Retour Arrière ce qui le rends très facile d'accès sans traverser tout le clavier.
Je pourrai continuer un certain temps sur les différences entre clavier Apple et clavier PC. C'est totalement pertinent dans mon vécu quotidien avec le ViBE mais cela concerne sans doute assez peu de gens car j'imagine que la majorité des utilisateurs de ViBE utilisaient déjà un clavier PC auparavant.

L'accès aux touches de fonction en surcouche de la rangée numérique du haut du clavier n'est par contre pas un souci. J'utilise très peu les touches fonction et sur Mac je suis déjà habitué à devoir activer la touche Fn pour y accéder. Simplement ici la touche Fn n'est pas au même endroit que sur Mac.

L'accès aux flèches et autres touches de navigation se fait sur le pavé numérique, immédiatement car par défaut le pavé n'est pas en verrouillage numérique. Cela se fait très naturellement et sans regarder tant leur disposition est proche de ce que l'on trouve sur des claviers étendus classiques. C'est très agréable car ça tombe naturellement sous les doigts.
Ce fonctionnement que Vortex nomme "Tenkeyless mode" (en référence aux claviers TKL) neutralise malheureusement les touches moins, plus et entrée du pavé numérique : moins devient pause, plus et entrée ne font rien. C'est à mon avis un mauvais choix, j'aurais largement préféré que ces touches gardent leur fonction native.

Mais mon vrai souci avec le ViBE c'est l'accès aux chiffres du pavé numérique. Il se fait via le verrouillage numérique : sur Mac il faut presser Fn+Numlock alors que sur les autres OS il faut presser Numlock. Déjà c'est un problème si vous passez d'un OS à l'autre fréquemment, mais ce n'est pas tout. La course des touches est sensiblement plus longue que sur mes claviers Apple Alu, si bien qu'il m'arrive assez fréquemment (tapant trop vite) de rater l'activation soit de Fn soit de Numlock, quand je tape la combinaison de touches (sous réserve que j'ai pensé à le faire). Il y a bien une LED sur le clavier pour indiquer que le pavé numérique est activé, malheureusement elle se trouve sous la touche capslock. Cette touche est totalement masquée à ma vue par ma main gauche quand je suis en position de frappe. Si bien que pour valider le mode de fonctionnement du pavé numérique, je dois faire une pause dans ma frappe, décaler ma main gauche et alors seulement je sais si je vais taper des chiffres ou déplacer mon curseur avec l'autre main.
Cette partie de l'expérience utilisateur n'est pas du tout agréable et de dépit je me trouve parfois à taper des chiffres sur la rangée du haut ce qui est bien plus lent que sur le pavé numérique mais à l'avantage de ne pas envoyer mon point d'insertion de balader si je rate l'activation du verrouillage numérique. Par ailleurs mon utilisation des flèches est aussi très importante (rappel de commandes dans le terminal, sélection des messages dans le webmail du boulot, etc.). Donc impossible de laisser le pavé numérique en Numlock en permanence.
Pour moi c'est une régression sérieuse. Sur un clavier normal je vais pouvoir taper d'une seule traite des chiffres, lettres, positionner mon curseur ou rappeler une commande avec les flèches, etc. Sur le ViBE c'est un vrai saut d'obstacles. Il serait bien plus agréable avoir la LED sous la touche Numlock et que cette dernière soit utilisable directement sur Mac sans recours à la touche Fn. C'est pour moi un vrai problème de conception.

Bref, j'aime bien le ViBE mais j'ai sérieusement hâte d'avoir un Vortex Tab90M sur mon bureau.

Premiers pas sur un clavier mécanique moderne

Compte tenu que mes débuts avec l'informatique, ou tout au moins avec le matériel informatique, remontent à 1985, je ne peux pas réellement parler de premiers pas avec un clavier mécanique. Ici il s'agit par contre réellement de ma première expérience avec un équipement moderne : un clavier VortexGear ViBE en ISO-FR, doté de switches MX silent red. Une bestiole assez rare finalement puisqu'elle a été importée de Taïwan spécialement pour moi, en un seul exemplaire.

Tout d'abord il faut savoir que le monde des claviers mécaniques de bonne facture est riche et varié, plein de formes, de couleurs et de sons qui ont en général pour effet de créer l'addiction chez les gens qui s'y intéressent d'un peu trop prêt. Avant même d'en avoir touché un j'en voulais déjà deux. Mettre un pied dans cet univers c'est aussi découvrir l'attente et la frustration. Certaines pièces rares produites à la demande à l'issue de longues procédures d'achat groupé peuvent se faire attendre plus d'un an.
Moi j'ai presque de la chance, ayant fixé mon dévolu sur une marque puis sur un modèle, j'ai modestement attendu 5 mois. Les modèles ISO-FR étant particulièrement rares, il faut d'abord avoir la chance que le fabricant le propose, ensuite qu'il constitue des stocks, pour finir qu'il daigne vendre et expédier ces stocks.

Je remercie d'ailleurs énormément l'importateur/revendeur français sans qui je n'aurais sans doute jamais pu acheter mon clavier : Gamers Industry.

Un clavier mécanique de bonne facture, correctement construit, avec des matériaux qui tiennent la route, c'est une expérience unique. Tout ou presque peut se choisir pourvu qu'on y mette les moyens : matière, couleurs, typo des touches, profil, switches (linéaires ou pas, silencieux ou pas, durs ou tendres), nombre et disposition des touches, avec ou sans fil, boîtier en plastic, bois ou métal, programmable ou pas, etc.
Celui que j'ai acheté ne démérite pas. Je l'ai choisi sur la base de son look et de la promesse d'une ergonomie originale mais aussi parce qu'il était disponible dans les options que je souhaitais : disposition des touches ISO-FR, avec fil, boîtier métal, switches silencieux. Ce n'est pas un clavier haut de gamme, mais il coûte déjà autour de 155€.

Je me suis imprégné de culture "méca" pendant plus de 6 mois, j'ai beaucoup lu pour prendre la mesure de la chose, connaître les termes et les techno, savoir ce qui est possible et ce qui ne l'est pas et à quel prix. Et c'est finalement une fois que j'ai l'objet sur le bureau, que je m'en sers, que je me confronte à ses qualités et à ses limites que je vis enfin les choses pour de vrai loin du tumulte des forums d'aficionados et des vidéo d'unboxing.

L'expérience en elle même est dure à raconter. Je suis ravi de mon achat, la bête est compacte, trapue, lourde et sa construction lui donne une belle sonorité. Il était primordial pour moi que le clavier soit silencieux. Il l'est absolument comparé à un méca quelconque, mais il reste plus sonore que mon clavier Apple alu. La frappe est très douce grâce à ses switches silent red mais l'ergonomie me comble un peu moins que l'esthétique. Ce n'est pas étonnant : il faudra quelques semaines ou mois d'utilisation avant d'habituer mes doigts à une disposition sur plusieurs couches. Comme je l'avais mesuré, je fais une utilisation non négligeable des flèches de navigation et du pavé numérique. Ici les deux sont sur les mêmes touches physiques et on passe de l'un à l'autre via l'activation d'une couche logique : la touche numlock transforme le pavé numérique en pavé de navigation avec flèches, page-up etc. Pour compliquer les choses sur MacOS c'est Fn-Numlock au lieu de seulement NumLock.

Si le look général du clavier est extrêmement satisfaisant, dans le détail la réalisation pêche parfois. Au nombre des défauts je mentionnerai particulièrement la touche "entrée" du pavé numérique qui était installée à l'envers et dont un des stabilisateurs est grippé. Si bien que si la touche est convenablement enfoncée sur le switch et ses deux stabilisateurs, alors quand on la presse elle reste coincée en position basse. Il suffit de démonter la touche et de la remonter en douceur pour ne pas enfoncer le stabilisateur récalcitrant et tout fonctionne bien. Il aura besoin d'un coup de lubrifiant probablement. Les légendes de certaines touches aussi sont mal alignées, comme la touche 5 du pavé numérique qui est légèrement décentrée. Le signe € ajouté un peu "à l'arrache" sur la touche E n'est pas du tout plaisant à l'œil non plus.

Autre défaut significatif : le clavier probablement fabriqué assez récemment est pourtant livré avec un firmware très ancien qui ne fonctionne pas bien. Il faut donc le mettre à jour dans sa dernière version datant elle-même de plus d'un an. Une fois mis à jour le clavier fonctionne parfaitement.

Moyennant quelques réglages côté système, je suis parvenu à le faire fonctionner à 100% sur OSX et sur FreeBSD, le fonctionnent complet sur Windows 10 étant lui immédiat. Il me reste encore des tonnes de choses à découvrir puisque le ViBE dispose de 4 couches dont 3 sont programmables. C'est à dire qu'il est possible de créer 3 personnalisations complètes du clavier, chacune étant activable par une combinaison de touches et repérée par une led de couleur différente sous la barre espace.

J'ai déjà hâte d'acheter le prochain, sans doute un Vortex Tab 90M dès qu'il sera disponible en ISO-FR, ou un Planck EZ, ou les deux... :)