Bonjour vie privée

Je pourrais me lancer dans une grande dissertation sur la manière de protéger sa vie privée sur internet, et sur tous les mômes qui s'en foutent aujourd'hui, et pleureront demain. Mais comme rien n'est plus pédagogique qu'une démonstration, surtout avec une fille à poil, en voici une.
Vous connaissez presque tous, j'en suis sûr, le site bonjourmadame.fr. Pour les autres, sachez jusque que ce site présente une fois par jour une photographie de jeune femme sexy (comprendre nue), les contributeurs (et/ou l'administrateur) n'hésitant pas à supprimer la signature du photographe, et à convertir de temps en temps le résultat en noir et blanc parce que ça donne une caution artistique.
Parfois, un fan du concept un peu zélé va poster une photo de sa copine. C'est déjà un peu limite car rien ne dit si la copine est d'accord, ou même si les gens qui pilotent le site s'en soucient. Mais le fan est prudent, il ne veut pas qu'on reconnaisse sa copine, alors il lui coupe la tête dans un recadrage un peu barbare. Le bougre croit qu'il est bordé, que plus rien ne peut lui être reproché. Ce qu'oublie notre bonhomme c'est que la protection de la vie privée ça ne se fait pas par dessus la jambe, et qu'un coup de ciseaux dans une photo ou tout autre type de document ne suffit pas toujours.
Ainsi, certains logiciels conservent dans les méta données du fichier un aperçu de l'image d'origine. Moi je trouve ça particulièrement marrant, mais la copine sûrement moins.

bonjour vie privee, ou comment finir à poil dans les EXIF d'une photo
Sur la capture ci-dessus, j'ai bien sûr flouté la jeune fille. Bonjour vie privée !

edit du 2 février 2013 : il a récidivé avec la même jeune et pulpeuse demoiselle. Cette fois en nu intégral.

Loi informatique et libertés : fail.

Il est de notoriété publique que les opérateurs de téléphonie mobile accumulent tout un tas de données personnelles sur leurs clients. Notamment, les dates et heures de synchronisation à leur réseau d'antennes, ce qui permet sans grand effort d'obtenir une géolocalisation de votre téléphone en fonction du temps, même un an après.
Toutes ces données sont normalement accessibles à l'abonné, en vertu de la loi dite "Informatique et Libertés" (loi n°78-17 du 06 janvier 1978). J'ai donc décidé de demander à mon opérateur (Bouygues Télécom) l'intégralité des données relatives à mon abonnement. Je me suis fendu pour l'occasion d'une missive papier dont voici le contenu censuré :

24 janvier 2012

Monsieur,

Je suis client Bouygues Télécom depuis plus de 7 années. Mes coordonnées sont :

Patrick Proniewski
13 rue XXXXXX 6900X Lyon

Numéro : 06 67 XX XX XX
Numéro client, tel qu'indiqué sur ma facture : 1.78XXXXX
Numéro de série de portable : 3543XXXXXXXXXXX

Conformément à la loi "Informatique et Libertés" n°78-17 du 06 janvier 1978, je souhaite que vous me fassiez parvenir l'intégralité des données correspondant à mon abonnement, à ma carte SIM, à mon téléphone. Notamment, mais pas uniquement, toutes les données en votre possession concernant les communications, et les synchronisations de mon portable avec le réseau d'antennes (données de géolocalisation notamment), sur l'intégralité de la durée de mon abonnement.

Les données devront être lisibles sans logiciel spécifique (export texte ou pdf, format csv ou tabulé...)

Sincère salutations,
Patrick Proniewski

Puis j'ai attendu. Longtemps. Jusqu'au 15 juin 2012 en fait, jour où j'ai reçu contre signature une grande enveloppe, très fine. La lettre d'accompagnement disait précisément ceci :

Objet: Exercice du droit d'accès (1)

Lettre recommandée avec AR

Monsieur,

Pour faire suite à votre courrier, veuillez trouver ci-joint la liste des informations à caractère personnel que Bouygues Telecom détient sur votre compte client.

Nous vous informons que cette présente liste des données est établie selon les délais de conservation notifiés à la Commission Nationale de l'Informatique et des Libertés (CNIL).

vous souhaitant bonne réception de la présente.

Veuillez agréer, Monsieur, l'expression de mes sentiments distingués.

Service Inforntatique et Libertés
Direction des Systèmes d'Information

(1) Les données nécessaires au traitement des courriers reçus par le service Informatique et Libertés sont enregistrées dans un fichier informatisé à son usage exclusif pour l'accomplissement de ses missions. Vous pouvez exercer votre droit d'accès aux données vous concernant et les faire rectifier en vous adressant au service Informatique et Libertés - Bouygues Telecom - 13-15 Avenue du Maréchal juin - 92366 Meudon La Forêt Cedex

On notera avec amusement que le service informatique et libertés de Bouygues a introduit une close récursive dans sa réponse. En matière de liste des données personnelles, c'est par contre beaucoup moins drôle, puisque cela se limite à une page et demi de rien, de non-sens, dont je livre la plus grosse partie ci-dessous :

la blague de Bouygues

La seconde page ne contient que 4 lignes de tableau, reprenant exactement les 2 dernières lignes de la première page, seule la date change. Autant dire, je n'ai rien, et cet accès à mes données personnelles est juste un coup d'épée dans l'eau.
Peut être mon opérateur actuel sera-t-il un peu plus bavard ?

Juste des photographes…

I Am a Photographer Not a TerroristIl semble que les photographes d'outre-Manche en aient assez d'être traités comme des terroristes. Les campagnes d'incitation à la délation vigilance lancées par le gouvernement anglais ne font d'ailleurs pas dans la dentelle : toute personne qui prend des photographies est suspecte !

photographe_suspect

Les photographes Grand-Bretons viennent donc de monter une campagne pour manifester leur amour de la photographie, et leur volonté de ne pas se laisser faire par des comportements liberticides et souvent même illégaux de la police anglaise.

Pendant ce temps, les témoignages d'abus se multiplient :
Heavy-handed policing against photographers caught on video
Another video journalist stopped at Greek protest
The photograph that terrorized London
Innocent photographer or terrorist?
You Can't Picture This
radio for back up
Sex pictures shock!

Et ça arrive en France :
Deux photographes et une quarantaine de clowns au poste après le défilé du 14 juillet

Flickr ou pas Flickr…

Depuis deux ans que je pratique la photo, on m'interroge souvent sur l'existence d'un compte Flickr à mon nom. Comme si, finalement, faire de la photo sans avoir "un Flickr" était impossible ou inconcevable. Quand je réponds par la négative, les gens qui ont de l'à-propos répliquent qu'il est pourtant très intéressant d'avoir un retour sur son travail.
Bien sûr, ils ont raison. À plus forte raison car le désir de plaire, au sens large, est profondément enraciné en moi. Me faire remarquer ou faire réagir les gens avec mes photos flatte nécessairement mon ego. Et pourtant, je ne payerai pas pour poster et partager ma production photographique (combien de p dans cette phrase ?).
La première raison qui me vient à l'esprit, c'est que j'aime tout maîtriser et ne pas être limité. Sur le site de Flickr, on ne maîtrise ni la présentation, ni les formats des images. On est aussi limité par un quota d'utilisation, et il faut payer pour passer en mode "pro" et pouvoir dépasser certaines de ces limitations. J'ai déjà mon propre serveur, sur lequel je n'ai pas vraiment de limite. Puis soyons cohérent, à quoi bon se payer l'achat et l'hébergement d'une machine, et payer pour mettre ses photos ailleurs ?
Il existe un autre frein, moins perceptible par l'utilisateur lambda, mais tout aussi réèl : la licence d'utilisation. Autant que je puisse dire, la licence de Flickr est correcte. On l'a déjà vu plusieurs fois par le passé, et on le reverra sans doute souvent : des sites communautaires et les sites de service s'amusent parfois à changer discrètement leur licence d'utilisation pour s'approprier tout ou partie du contenu posté par les utilisateurs.
La licence d'utilisation de Flickr, qui est en fait celle de l'ensemble des services Yahoo!, me pose quelques problèmes (article 8) :

Pour ce qui concerne le Contenu que vous stockez, transmettez ou mettez en ligne sur les Services en vue de le rendre accessible à des tiers, vous accordez à Yahoo! et aux sociétés du Groupe Yahoo!, pour le monde, un droit non-exclusif et gratuit d'utilisation permettant à Yahoo! et aux sociétés du Groupe Yahoo! de reproduire, publier et diffuser ce Contenu aux fins de fourniture du Service, de sa promotion et de sa distribution, et ce, sur tout support électromagnétique et par tout moyen de communication électronique, sur les sites du Groupe Yahoo! et sur les sites de partenaires ou de tiers. Ce droit est accordé pour la durée pendant laquelle vous déciderez d'inclure le Contenu sur le Service. Vous garantissez à Yahoo! avoir préalablement obtenu les droits nécessaires à cette exploitation et que le contenu est conforme à la loi et ne porte pas atteinte aux droits de tiers.

Cela soulève la question de la confiance. Finalement, ais-je envie de faire confiance à une entreprise étrangère, dont le but premier est la satisfaction de ses actionnaires, pour gérer au mieux mes intérêts ? La réponse est non.
Pour finir, j'ai un peu de mal avec la notion de communauté. Pour moi, toute communauté un peu formelle génère du communautarisme. En être ou ne pas en être, finalement, la question se résume à cela. D'aucuns diront qu'il est toujours agréable d'en être, l'union fait la force, et tout et tout. J'ai un doute. Si Flickr (ou Facebook, MySpace...) crée une communauté, c'est avant tout pour asseoir une position sur un marché. En réalité votre union fait sa force. Plus vous êtes nombreux à y adhérer, plus il devient incontournable.
Alors bien sûr, cela ne rime à rien d'être seul sur un réseau. Je partage mes photos ici-même et sur Café Salé, une communauté (et oui) relativement petite où la photographie n'est pas la discipline centrale. Je tente ainsi d'obtenir quelques retours sur mon travail. Mais il ne faut pas se faire d'illusion, peut être que Flickr a déjà gagné. Débuter dans la photographie en évitant soigneusement les sites incontournables s'apparente souvent à une traversée du désert. Le prix de la liberté, sans doute.

edit : ajout de l'extrait de licence

There’s probably no God

La British Humanist Association, qui représente les laïcs au Royaume Uni, fait régulièrement campagne pour défendre les droits de l'Homme, la démocratie, l'égalité... Elle soutient aujourd'hui la campagne des bus athées, Atheist Bus Campaign, qui démarre actuellement à Westminster (London).

There is probably no god

L'idée de cette campagne a germé dans l'esprit d'Ariane Sherine, ravissante journaliste et auteur de comédie télé, quand elle a vu sur des bus londoniens une campagne de publicité biblique. En réaction, elle a décidé de lancer une campagne pour promouvoir l'athéisme, financée par des dons. La réponse a largement dépassé les attentes, puisque les 82000 £ récoltées jusqu'à présent sont déjà bien loin des 5500 £ du but initial, preuve que les athées sont légions en dépit de leur habituel silence. Richard Dawkins, auteur de Pour en finir avec Dieu, soutient d'ailleurs généreusement cette initiative.

Si vous vous sentez concerné, vous pouvez facilement apporter votre aide à cette campagne pour l'athéisme : atheistcampaign.org/support/.

À bientôt dans le bus.

Le droit ou l’argent ?

Ne vous méprenez pas, quand on vous parle de propriété intellectuelle ou de droits d'auteur, on ne vous parle pas de droit, on vous parle d'argent.

De : machin@adagp.fr
Date : 8 août 2008 12:42:48 HAEC
Objet : Réf.: http://sites.univ-lyon2.fr/../../

Réf.: http://sites.univ-lyon2.fr/../../

Monsieur,

Nous constatons sur le site Internet suivant, cité en référence, la reproduction et la communication au public d’œuvres de Le Corbusier sans qu’aucune autorisation préalable ne vous ait été délivrée conformément au Code de la Propriété Intellectuelle.
Nous vous rappelons, en effet, qu’aux termes de l’Article L 122-4 du Code de la Propriété Intellectuelle, toute reproduction ou représentation d’une œuvre faite sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit est illicite. 
Nous vous demandons de retirer dès aujourd’hui les oeuvres reproduites ou nous devrons procéder à la facturation.
Vous voudrez bien nous confirmer par retour que le nécessaire a été fait.

Dans cette attente, nous vous adressons, Monsieur, nos salutations distinguées

Machin, service multimédia
machin@adagp.fr

société des auteurs dans les arts graphiques et plastiques - 11 rue Berryer - 75008 Paris
T +33 (0)1 43 59 09 79 - F +33 (0)1 45 63 44 89 - www.adagp.fr - Banque d’images : http://bi.adagp.fr

Non, voyons, pas de procès, nous pouvons nous faire justice nous même avec une petite facture. C'est tellement plus simple.

11/11/08 Journée internationale contre la surveillance

Freedom not Fear 2008Depuis les fameux attentats du 11 septembre, l'étau de la surveillance s'est considérablement resserré sur les gens, écrasant chaque jour un peu plus les libertés fondamentales et les droits de l'Homme. Surveillance d'état, surveillance privée, tout est bon pour entretenir la suspicion. Et finalement, tout cela fait beaucoup de dégâts pour des bénéfices qui restent à démontrer.
Dans ce contexte, de plus en plus d'organisations se mobilisent pour lutter contre la surveillance généralisée. Dans ce but, des dizaines de collectifs et organisations se regroupent pour monter des manifestations dans 29 villes d'Europe ainsi qu'aux États Unis.

Le manifeste de cette Journée internationale d'action du 11 octobre 2008 "Freedom not fear - Stop the surveillance mania!" couvre quatre grands points :

  • Réduction de la surveillance
  • Evaluation des moyens de surveillance existants
  • Moratoire pour les nouveaux moyens de surveillance
  • Garantie de la liberté d'expression, de dialogue et d'information sur l'Internet

Si vous souhaitez aider à la réalisation de cette manifestation, ou apporter un soutient quelconque, contactez dès maintenant Human Rights 21.