Bien manger en Arles

Second et dernier volet de mes recommandations gastronomiques arlésiennes : l'Entrevue. Loin des pièges à touristes placés en évidence autour des places d'Arles, l'Entrevue propose des spécialités méditerranéennes savoureuses (Maroc et Provence). Le restaurant dispose aussi d'un hamam que je n'ai malheureusement pas eu le loisir d'essayer. Il faut compter 16 à 18 euros pour un couscous ou un tajine copieux et de qualité. D'autres pourront se tourner vers les salades ou les plats plus légers, comme par exemple l'assortiment oriental, qui ne vous laissera malgré tout pas sur votre faim. Un régal.

L'entrevue c'est place Nina Berberova, en Arles.

Le bon pain à l’huile

Pendant ma semaine en Arles j'ai mangé des sandwiches tous les midis ou presque. Je suis sûr que certains d'entre-vous trouvent ça bien dommage. Vous ne connaissez tout simplement pas les sandwiches de Fad'Oli. Les fans de mayonnaise peuvent passer leur chemin. Ici la base de travail est l'huile d'olive. Le pain peut être frotté à l'ail, selon les goûts de chacun, l'huile d'olive est délicieuse, et le basilic est frais puisqu'il est prélevé sur la plante juste avant d'intégrer votre sandwich au nom sympathique (le Richard, le Nelly…). Dès la première bouchée je me suis dit qu'il fallait absolument que j'essaye tous les autres. Du soleil dans la bouche, du soleil au dessus de la tête, le bonheur entre midi et deux.
Pour ne rien gâcher, l'équipe de Fad'Oli est adorable (Thida, Teru, big up). Mon seul regret : n'avoir même pas pensé à faire une photo là bas, alors que j'ai passé 6 jours avec l'appareil dans les mains.

Fad'Oli, les meilleurs sandwiches à l'huile d'olive du monde, c'est 46 rue des Arènes, en Arles (juste à la jonction "Place des forums" - "rue des Arènes").

Chez Ma Cousine

Si vous êtes un jour de passage dans la région du lac d'Annecy, vous aurez l'embarras du choix en matière de restaurants. Vous en trouverez tout autour du lac, ainsi qu'en altitude dans une palette de prix allant de 15 à 200 euros par personne.

Nous avons pu tester le restaurant Chez Ma Cousine, à Doussard, lors d'un beau et chaud week end de juillet. Cet établissement a réellement les pieds dans l'eau : il dispose d'une mini plage privée, d'une terrasse sur le lac, et de tout ce qu'on peut demander pour passer un bon moment. Le cadre est très agréable, et l'intérieur est joliment décoré.
Les prix sont relativement raisonnables. Il faut compter entre 30 et 40 euros par personne pour sortir rassasié. Et plus important, la qualité est au rendez-vous. Seuls les desserts nous ont un peu déçu. Nous attendions des crèmes brûlées tout juste passées aux chalumeau, et des fondants tout juste sortis du four, et ce n'était pas le cas. Les deux sortaient visiblement du réfrigérateur.
Tout le reste était très bien, service compris. Après notre repas nous sommes allés nous allonger au soleil sur les transats de la plage privée pour digérer tranquillement. Un vrai bonheur !

lac d'annecy

Pensez à prendre votre crème solaire !

Le Japon : un pays de mal-bouffe ?

Dans nos esprits, la gastronomie japonaise est toujours associée au poisson frais, à la nourriture saine, et à un art de vivre millénaire propice à la prolifération des centenaires.
Je suis certes un cas un peu à part, puisque je ne mange pas de poisson (ni de crustacés, ni de poulpes, ni de méduses, etc.). Mais cette excentricité n'explique pas à elle seule que j'ai pu perdre 4 ou 5 kg en 15 jours.
Quand on pose le pied à Tokyo, on constate rapidement que l'image d'Épinal du restaurant à sushi un peu hype aux vertus diététiques est assez éloignée de la réalité nippone. Environ 9700 km, si vous aimez les chiffres, et que vous vivez en France.
Les rues de Tokyo, d'Osaka ou de Kyoto sont pleines de petits restaurants dont émanent des odeurs de friture dès 9 ou 10h du matin et jusqu'à tard dans la nuit. On trouve, en exagérant à peine, un restaurant tous les dix mètres, chacun essayant d'attirer la clientèle par des vitrines d'assiettes garnies en résine.

assiettes, photo (c) sophie

Pendant ce séjour, j'ai été surpris de constater que les japonais mangent à toute heure. Ils mangent aussi énormément d'aliments frits : le mythe de la nourriture saine en prend un sérieux coup.
La lente américanisation (mondialisation ?) de la culture japonaise a aussi fait émerger des établissements comme les Dunkin' Donuts et autres dérivés, qui proposent essentiellement de la junk-food grasse et relativement insipide. Je vous recommande de les éviter, sauf si vous êtes fans de petits-déjeuners au fast-food. La seule chaîne ayant trouvé grâce à nos yeux est UCC Café Plaza. Nous y avons dévoré avec grand plaisir des gaufres aux fruits, à Kyoto et Tokyo. De quoi partir du bon pied pour une journée de divagations touristiques.
Étrangement, pour un pays qui a une telle réputation de gastronomie équilibrée et saine, on trouve partout une profusion inquiétante de pilules, boisons et autres infusions aux propriétés drainantes ou carrément amaigrissantes. Ces prétendus remèdes anti-graisse se proposent d'affiner la silhouette et d'évacuer l'embonpoint. Faut-il y voir la fin d'une époque ? Le japon a-t-il mis le pied dans l'ère de l'obésité ?

Caius

De passage en coup de vent à Paris*, j'ai été convié au restaurant par les gens de Contact Office. Et pas dans n'importe quel restaurant. Nous aurions pu finir dans une brasserie bien parisienne, mais le choix de nos hôtes s'est porté sur le restaurant Caius, 6 rue d’Armaillé dans le 17ème arrondissement.
Le restaurant lui même est propret, et le cadre est arrangé avec goût dans la tendance "moderne" que l'on retrouve dans pas mal d'endroit depuis quelques années maintenant. La cuisine par contre vaut vraiment le détour.
Sans rentrer dans le détail de ce que nous avons dégusté (nous étions 13), je peux juste dire que la cuisine est à la fois surprenante et délicieuse. Si vous n'avez pas peur des mariages entre le reblochon et la mangue, le lapin en sauce et le chocolat, l'ananas et le poivre long, alors ce restaurant est fait pour vous. Bien sûr (et malheureusement), cela se ressent sur la note en fin de soirée.
Par ailleurs, je souhaite aussi souligner la qualité des vins servis. Ils ont fait l'unanimité, notamment le vin blanc de Touraine "Domaine du Pré Baron" (Sauvignon, 2007), dont il va absolument falloir que je me procure quelques bouteilles rapidement.
Bref, une bonne adresse. N'hésitez pas.

* toutes mes excuses Laurence, Vince, Ian, Romain… je n'ai pas eu le temps de passer vous voir.
edit : orthographe…

Le petit persan

Le petit persan n'est pas un chat, mais un fantastique petit restaurant iranien caché au numéro 8 de la rue longue, dans le premier arrondissement. Les plats y sont bons, pleins de saveurs, et originaux pour qui ne connaît pas la cuisine iranienne. Comme autant de madeleines de Proust, entrée et plat ont réveillé en moi quantité de souvenirs du temps où ma tante nous régalait de gastronomie perse.
Aucune déception ici. Le service a été fantastique, avec un restaurateur sympathique et disponible. Les plats ne sont pas très copieux, mais même le plus petit menu a de quoi satisfaire un appétit raisonnable. Et surtout, on se régale. Les recettes sont savoureuses et toujours relevées avec des herbes ou des épices très douces. Même si vos papilles craignent les plats épicés, vous pouvez manger au petit persan les yeux fermés.
Quant aux desserts, nous n'avons goûté que le gâteau aux poires, à la cardamone, et aux pistaches. Servi avec un petit filet de caramel maison à l'extrait de pétales de roses, ce gâteau est absolument incontournable. Notre seul regret aura été de partir sans la recette.

N'hésitez pas à consulter la carte en ligne sur http://www.lepetitpersan.fr. Bon appétit !

Une bonne brasserie à Lyon

Dimanche dernier, en sortant de la séance de 16h30 de Michael Clayton, nous avons été pris d'un petit creux. Nous nous sommes donc dirigés presque par habitude vers la rue des marronniers. Non pas qu'on y trouve la fine fleur de la gastronomie, mais au moins nous étions sûrs d'y manger correctement pour un tarif acceptable, nous espérions bien y trouver une table ouverte le dimanche vers 19h, et surtout, c'est sur notre route.
Après un aller-retour à battre le pavé devant les cartes de la poignée de restaurants ouverts, le choix s'est porté sur la brasserie Paulaner, qui fait l'angle entre la rue de la barre et la rue des marronniers. Ici, point de vieux zinc, ni de décor en laiton, mais une décoration épurée, une peinture à la mode, et une ambiance "branchée". Pour ne rien gâcher, l'atmosphère enfumée est circonscrite à la terrasse, car tout l'intérieur de l'établissement est non fumeur. C'est pour nous un énorme point positif.

Le service peut être très rapide, ou assez lent, selon que vous signifiez ou non votre empressement auprès du garçon. Ainsi nous sommes restés attablés une bonne heure et demie, alors qu'à la table d'à côté se sont succédés deux couples pressés. C'est d'autant plus agréable que c'est le serveur qui nous a demandé, de lui-même, si nous étions tenus à un horaire.

Dans l'assiette, aucune déception. Les plats de viande comme le hamburger à cheval et le pavé de bœuf sont accompagnés de délicieux légumes, et un supplément de salade nous a été offert avec les ravioles gratinées. Les assiettes sont bien dressées, un peu façon "nouvelle cuisine", loin de l'opulence grasse d'une brasserie traditionnelle. Attention cependant, elles sont littéralement brûlantes. C'est parfait pour manger chaud à son rythme, mais c'est aussi redoutable pour les doigts. La viande est tendre et bonne, les légumes sont très bons, et la salade de fruits est faite maison avec des fruits frais.
Le niveau des prix pourrait être qualifié de moyen, puisque pour trois plats, deux boissons, et un dessert, nous avons payé environ 42 euros.

Nous y retournerons sans hésiter, et nous ne sommes pas les seuls (et allez donc voir Michael Clayton, ce n'est pas un grand film, mais c'est bien sympa).

Pas du même monde…

Pour certaines occasions, on a parfois envie de se retrouver dans un cadre d'exception. C'est ainsi que nous sommes allés dîner à la Cour des Loges, dans le vieux Lyon. La Cour des Loges est avant tout un hôtel luxueux et pittoresque, mais c'est aussi un restaurant gastronomique au décor tout droit sorti d'un livre sur les belles demeures. L'ambiance est feutrée, la lumière est tamisée et le personnel guindé juste ce qu'il faut.
Comme de bien entendu en pareil lieu, les femmes ont droit à une carte sans les prix. Carte qui se révèle d'ailleurs assez limitée si on écarte comme moi tous les plats contenant du poisson ou des fruits de mer, ce qui m'empêche aussi de choisir un menu. Mais ça, j'ai l'habitude.
Le repas est plutôt bien servi, même si le personnel est parfois affecté d'une légère raideur dans laquelle je ne suis pas sûr de reconnaître la compétence de la fine fleur hôtelière. Somme toute, il se dégage de l'atmosphère et du service une impression de paraître, et non d'être.
Côté bouche, mon foie gras poêlé était parfait, bien qu'un peu trop gros à mon goût (c'est un comble), et ma pièce de bœuf était très bonne et fondante. L'amuse bouche (une fabuleuse mousse de lentille) était aussi délicieux qu'inattendu, et le pré-dessert nous a ravi totalement. Les desserts quant à eux sont encore meilleurs. Malheureusement, il ne nous restait pas assez de place pour les apprécier pleinement ! Enfin, avec une addition indécente de 165 euros pour deux, je ne peux passer sur les imperfections du dîner. Par exemple la cuisson du filet d'agneau de ma compagne laissait à désirer, et il n'a pas été possible d'obtenir satisfaction après un retour en cuisine. Elle a aussi trouvé la lumière trop tamisée et le service moins agréable que dans des établissements plus abordables. Je la rejoins sur ce dernier point. Nous sommes aussi d'accord sur le fait que le rapport qualité prix de l'expérience n'est pas très bon par rapport à des restaurants moins ambitieux. Sans doute une question de goût, sans doute qu'on n'est pas du même monde, selon la formule consacrée.

Pour conclure, la Cour des Loges est résolument un endroit à part, mais si on en sort repu on n'en sort pas forcément satisfait à tout point de vue. En ce qui me concerne je vais retourner à des restaurants plus décontractés et finalement plus épanouissants comme la Cigale à Nantes, ou plus modestement des brasseries comme Julien à Paris qui, même si elle fait partie d'une chaîne, est pour moi plus à l'image d'un lieu de plaisir que ne l'est la Cour des Loges.