L’année dernière, quelqu’un de bien m’a recommandé de lire Le Déchronologue, de Stéphane Beauverger. Stupeur, un roman de pirates ! Ce n’est pas tout à fait le genre que je recherche étant en général plus versé dans la science fiction dure. Mais que serait la vie sans prise de risque ? On ne rit pas au fond.
Cet ouvrage a tout de même pas mal de choses pour plaire. La première, et non des moindres, c’est qu’il est écrit en français, par un Français. Quand on lit comme moi des traductions à longueur de temps, et des VO à l’occasion, on sait combien il est jouissif de revenir à de la prose originale et bien écrite dans sa langue maternelle. Et côté écriture, ce roman est un régal !
Second point positif, c’est un livre de pirates. On dira ce qu’on voudra, mais ça alimente l’imaginaire des garçons depuis leur plus tendre enfance. Aussi loin que je me souvienne c’est aussi le tout premier que je lis.
Dernier point, c’est de la science fiction ! RAHHH LOVELY.
Voilà, les sceptiques s’alarment, les puristes s’agitent. Oui, Le Déchronologue est un roman de SF situé dans le monde des pirates du 17ème siècle. C’est un joyeux mélange temporel, un objet improbable, et une histoire bien menée qui vous fera sillonner la mer des Caraïbes et ramper dans la fange après une soirée trop arrosée dans un port franc. Vous pourrirez dans une geôle espagnole, vous trafiquerez avec des boucaniers puants, vous échapperez à la mort, mais pas forcément dans cet ordre.
C’est bien écrit, on s’y croirait. C’est truculent, c’est sale, c’est grossier, et ça sonne toujours juste. L’auteur a poussé la farce jusqu’à mélanger les chapitres. Il est toujours possible bien sûr de les lire dans l’ordre, mais dans ce roman la forme participe du fond, et il serait dommage de rétablir la chronologie linéaire. Car justement… mais vous verrez, je vous laisse le plaisir de la découverte.
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Quinze minutes
Comme ça fait du bien de lire un bon bouquin ! Mes précédentes lectures m’avaient laissé perplexe, et déçu. La vitesse de l’obscurité d’Elizabeth Moon n’est pas tellement mon type de roman, même si au bout du compte le récit est bien ficelé, il lui manque une touche de punch, quelque chose qui fait qu’on a vraiment envie de connaître la suite. Avec le tome 2 des aventures de Greg Mandel, de Peter F. Hamilton, on frôle le ratage. C’est mou, pas intéressant, caricatural. Ça ne fonctionne pas vraiment.
Heureusement, Charles Dickinson a écrit Quinze minutes. C’est son seul roman traduit en français à l’heure actuelle, et si les autres sont aussi bons, c’est bien dommage ! Je pourrai en faire des tonnes, avec mes mots à moi, pour vous encourager à lire ce roman passionnant. Néanmoins, je préfère vous renvoyer vers la critique du Cafard Cosmique à la quelle j’adhère totalement. C’est vraiment un bon roman, très agréable à lire et qui tient le lecteur jusqu’à la dernière page.
Katsuhiro Otomo Anthology
On doit à Katsuhiro Otomo de bien belles choses, dont les plus connues sont sans doute la série Akira, et Rêves d’enfants. Si vous avez aimé ces deux œuvres, il faut vous précipiter sur le recueil “Katsuhiro Otomo Anthology”. Il est paru en 2008, mais pour moi qui ne met jamais les pieds chez les vendeurs de manga, c’est une nouveauté.
Ce pavé de 260 pages contient des histoires courtes parues entre 1977 et 1981, dont certaines préfigurent de la saga Akira, ou de Rêves d’enfants. J’ai même l’impression assez forte qu’une des histoires a inspiré un épisode d’Ulysse 31, mais tout cela remonte assez loin…
Ça coûte autour de 17 euros, foncez ! (ISBN-10: 2505004390).
Puis avec un peu de chance, le second tome paru au Japon sera publié en France.
Orthotypographie
L’othortypographie n’est ni une maladie, ni un animal étrange. C’est un néologisme formé par la contraction des termes “orthographe” et “typographie”. Mais c’est surtout un ouvrage sur la typographie, et plus largement sur la langue française écrite. Il se trouve dans la lignée du Lexique des règles typographiques en usage à l’Imprimerie nationale au sujet duquel j’écrivais quelques lignes ici même à l’été 2009. Jean-Pierre Lacroux, son auteur est vraisemblablement un grand philanthrope, car en ces temps de course au profit et de chasse à la rétribution, il n’hésite pas à partager son ouvrage gratuitement en ligne.
Ainsi, vous pourrez consulter dans votre navigateur (ou télécharger en version PDF) l’ouvrage de Jean-Pierre Lacroux sur le site http://www.orthotypographie.fr. Il est aussi disponible en version papier, pour un prix relativement réduit.
Bien que je n’ai pas encore eu le temps de le lire, je tiens à saluer chaleureusement la démarche. C’est une bien belle invention que Creative Commons.
L’Étoile de Pandore
Peter F. Hamilton est un auteur prolixe. C’est peut être même l’auteur de science fiction le plus bavard, puisque son cycle L’Aube de la Nuit dépasse les 4560 pages en version française. Le cycle L’Étoile de Pandore, qui nous intéresse aujourd’hui dépasse quant à lui les 2800 pages. Je passe sur l’histoire, on trouve des résumés pratiquement partout. Ce que j’apprécie chez Hamilton, c’est sa capacité à développer des dizaines d’histoires plus ou moins parallèles, tout en embarquant le lecteur dans une véritable épopée héroïque. C’est un fin mélange de space opera, dans sa dimension héroïque, et de hard science-fiction, dans le souci du détail et de la cohérence de l’univers. Bien sûr, ce n’est pas de la vraie hard SF. On est très loin de Greg Egan, et heureusement ! 2 ou 3000 pages d’Egan doivent pousser à la démence.
La mise en place est longue, faite en douceur, avec énormément d’intrigues et de personnages secondaires. C’est un vrai régal, car Hamilton est doué pour faire monter l’intérêt du lecteur. Le problème avec cette augmentation progressive de la pression – sur un tel nombre de pages – c’est que nous-autres lecteurs attendons l’auteur au tournant pour sa fin. Et je dirais qu’en comparaison du cycle de L’Aube de la Nuit, la fin de L’Étoile de Pandore laisse à désirer. C’est bien dommage, je me suis presque senti floué en lisant les dernières pages du cycle. On est loin d’un dénouement à la hauteur du récit.
Néanmoins, cela ne m’empêchera pas d’acheter la suite de la grande saga du Commonwealth : la Trilogie du Vide, séparée de L’Étoile de Pandore par 1500 ans.
Erwin Olaf
Quand je regarde le travail d’un photographe que j’apprécie, je me dis que j’aimerai faire aussi bien, faire le même genre de choses, sans plus. Ou alors, sur une masse de clichés, je n’en aime réellement qu’une poignée. Voici une exception.
Erwin Olaf est un recueil grand format des séries Hope, Rain, Grief et Fall du photographe éponyme. Au fil de ses mises en scène magnifiques, Olaf nous raconte une histoire, véritable roman-photo sans parole. Les vidéos correspondant à chaque série sont d’ailleurs sur le DVD livré avec le recueil.
Je ne peux pas en dire plus, ça se déguste avec les yeux, ça se resent. Quand vous passerez dans une bonne librairie, prenez quelques minutes pour le feuilleter !

Barbara – Série Grief – © Erwin Olaf
Erwin Olaf, aux éditions Har/Cdr, collection Aperture. ISBN 978-1597110617
Quelques règles typographiques
Il fait beau et chaud, c’est l’été. Bouquiner un ouvrage dont le titre contient les termes “lexique”, “règles”, et “typographiques” pourrait donc paraître tout à fait déplacé. En fait, pas du tout.
Le Lexique des règles typographiques en usage à l’Imprimerie nationale est un ouvrage agréable. Sous réserve, bien sûr, que vous soyez un minimum interessés par la grammaire, la typographie, et plus généralement par la correction de votre français écrit.
Ce lexique de 200 pages est forcément plus proche d’un dictionnaire que d’un essai. On ne peut pas dire que la prose en elle-même soit agréable ni même modérément distrayante. Par contre, pour un béotien de mon espèce, la découverte est au coin de chaque page. Et ça c’est le bonheur.
En 5 ou 10 minutes – grappillées à droite ou à gauche dans votre emploi du temps – vous pourrez vous imprégner de quelques articles de ce lexique. Puis nous ne sommes plus à l’école, et en fait de règles cet ouvrage regroupe surtout des recommandations. La nuance est de taille ! Inutile donc ce se mettre martel en tête et de vouloir tout ingérer comme un bon élève. Ouvrez simplement votre esprit à la découverte, il en restera toujours quelque chose.
Pour aller plus loin, vous pourrez faire un tour sur le site de la liste Typographie.
Bonne lecture !
Au Japon
Au Japon est un blog consacré au Japon et à la culture japonaise sous toutes ses formes. Kasuteru y aborde ses voyages et ses rencontres culinaires. Il y parle aussi de culture pop nippone (manga, vidéo, musique), de bouquins thématiques, de photo… en sautant allègrement du coq à l’âne.
Si vous aimez le pays du soleil levant, ou que vous êtes simplement curieux, allez élargir votre horizon au Japon !