Éléphant rose, Bouddha et dégât des eaux

god-man-dogLe festival du film asiatique de Lyon se poursuit, et même si je ne suis finalement pas allé voir Vampire Girl vs Frankenstein Girl, j'ai découvert trois films de plus.
Le premier, Khan Kluay 2, est un film d'animation thaïlandais en image de synthèse. Disons que c'est un film pour enfants. Là où Pixar, DreamWorks, ou Sony Picture nous proposent des films tout public, les thaïlandais ciblent plutôt les moins de 10 ans. j'ai mis pas mal de temps à rentrer dans le film, je n'ai pas vraiment accroché aux choix graphiques et esthétiques, et pourtant je n'ai rien contre les éléphants roses.
Le second est nettement plus intéressant. God Man Dog est un film dans le genre de Collision, ou de Short Cuts : des gens se croisent sur les chemins de la vie, s'ignorent, se retrouvent, se séparent, se percutent… Impossible de le résumer, sinon en disant que tout tourne finalement autour des hommes, des chiens, et des dieux.
Pour finir, j'ai pu assister à la projection de The Hole. Ce film taïwanais de 1998 relate la rencontre d'une femme avec le locataire du dessus, qu'elle croit responsable de son dégât des eaux. Cette rencontre se fait sur fond de catastrophe millénariste : le passage à l'an 2000 est imminent, et Taiwan est ravagé par une épidémie. Ce n'est pas un film inoubliable, loin de là. Néanmoins, par plusieurs aspects il m'a fait penser à La saveur de la pastèque, et en vérifiant mes sources, je me suis aperçu que ces deux films ont été écrits et réalisé par Ming-liang Tsai. On retrouve le même univers loufoque, les mêmes intermèdes musicaux-kitsch, et la même absence de dialogue. Je pense qu'aucun acteur n'a plus de 20 ou 30 répliques au total. Cela dit, si vous ne devez en voir qu'un des deux, choisissez plutôt La saveur de la pastèque.

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Eau de rose taïwanaise et pingouin volant

Affiche du film Cape n°7Mardi 3 novembre s'est ouvert à Lyon le 15ème festival du film asiatique, organisé par Asiexpo. La programmation est éclectique et la prestation parfois un peu artisanale, mais je n'ai pas été déçu par les deux premiers films que j'ai pu voir. Les filles au cœur tendre iront voir Cape n°7, une comédie romantique taïwanaise qui a fait un véritable tabac dans son pays d'origine. D'un point de vue masculin, c'est un film gentillet sans grandes prétentions. Pour une comédie romantique, Cape n°7 reste un film sympathique. On ne s'y ennuie pas.
Fly penguin est quant à lui une comédie satyrique (ou critique) qui pointe les petits travers de la société et de la culture sud-coréenne actuelle. La réalisatrice appuie là où ça fait mal, et le résultat est à la fois drôle et sensible. On regrettera par contre les conditions de projection assez ubuesques : le film était sous-titré en anglais, et les sous-titres français étaient projetés par dessus. Pas forcément facile à lire…

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De l’émotion et du rire (plein)

Si vous ne l'avez pas vu, c'est probablement trop tard : le très bon film Departures (Okuribito) ne passe plus que dans un nombre de salles ridicule. Mais si vous avez la chance s'habiter dans une ville où les distributeurs/programmateurs ne sont pas trop frileux (ou que les fauteuils des petites salles indépendantes ne sont pas contre-indiqués par votre kiné) précipitez-vous pour voir ce petit chef-d'œuvre japonais.

departures

Là-Haut, le dernier Pixar est plus facile à trouver en salle. Il vous apportera lui aussi son lot d'émotion, mais avec beaucoup de rire en prime. Je me suis vraiment régalé et certains gags sont maintenant ancrés dans mon cerveau pour un bon bout de temps (Squirrel!). J'en ris encore.

la haut © Disney-Pixar

Pour finir, un film tout aussi bon-enfant, sensiblement plus potache et probablement moins grand (jeune) public que Là-Haut : Lascars. Ce n'est pas du grand art, mais on s'amuse bien, et surtout c'est très rythmé. On ne voit pas le temps passer.

lascars, © bacfilms

les illustrations sont sous © de leurs divers ayants droit.

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Cinq raisons d’aller au cinéma

Je vous propose une petite brochette de films variés, avec un polar dans les marais de Louisiane, un film d'animation délirant, un poids lourd de la science fiction, un documentaire sur la vie sexuelle d'une potache, et une histoire de famille japonaise.

Still Walking, photo sous (c) utilisée à titre d'illustrationHirokazu Koreeda est probablement un nom qui ne vous dit pas grand chose. Pourtant vous avez peut être vu ce film superbe : Nobody Knows. Ce film était une claque monumentale.
Hirokazu Koreeda revient avec Still Walking, un film intimiste plein d'amour et de venin. Il y raconte les retrouvailles annuelles d'une famille pour la célébration de la mémoire d'un fils décédé. Ce film sympathique n'a cependant pas la force ni l'impact de Nobody Knows, si bien que les âmes sensibles peuvent aller le voir en toute quiétude.

Toute l'histoire de mes échecs sexuels est un documentaire, assez confus, de Chris Waitt sur sa propre vie sexuelle et sur le fiasco de ses relations amoureuses. On y apprend par le menu comment il a raté chaque relation. C'est drôle et pathétique à la fois. Drôle parce que "ça balance" vraiment. Pour Chris c'est clairement une expérience sadomasochiste au niveau sentimental comme au niveau physique. Pathétique parce que c'est du voyeurisme, du "ciné-réalité" comme on pouvait croire que seule la télé oserait en produire. Ça ne vaut pas une place à 9 euros, mais si vous avez une carte de cinéma illimité ou de tarif réduit, profitez-en.

Grand fan de SF, je ne pouvais pas rater la sortie du Star Trek de J.J. Abrams. Le casting est parfait, le scénario est bien équilibré, et les effets spéciaux sont réussis. Je trouve juste un peu dommage que l'histoire ne soit pas plus palpitante. Mais ce film reste une belle réussite, et il n'est nullement besoin d'être fan de Star Trek pour apprécier.

Uhura, Star Trek, photo sous (c) utilisée à titre d'illustration

Restons dans la SF avec Monstres contres Aliens, la dernière production en images de synthèse des studios DreamWorks. C'est le film familial de la bande. Vous pouvez y traîner vos bambins, si ils sont en age de voir Shrek ou Madagascar, alors ils peuvent voir Monstres contre Aliens. Ne ratez surtout pas le passage où le Président joue du clavier. Au risque de vous gâcher complètement la surprise, vous pouvez toujours aller le voir sur Youtube, mais la qualité est mauvaise, et pris hors contexte c'est beaucoup moins drôle.

Pour clore ce chapitre cinématographique, rien de tel qu'un bon polar. Dans la brume électrique nous entraîne dans les marais de Louisiane, en compagnie d'un Tommy Lee Jones plus hanté que jamais. Le film est servi par un scénario plus compliqué qu'il n'y paraît, et par de très bonnes performances d'acteur. Pour son premier film aux États Unis, Bertrand Tavernier réussit un assez beau coup !

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Gake no ue no Ponyo

Ponyo ! Comme chaque fois que je regarde un nouveau film de Miyazaki, je suis incapable d'argumenter sérieusement pendant quelques jours. Les superlatifs me viennent à l'esprit par paquets, mais aucune phrase construite n'en sort.

ponyo (c) studio ghibli

Donc pour faire court : j'ai adoré. C'est bon, c'est sensible, c'est adorable. Allez le voir, et ne manquez surtout pas de faire un tour sur youtube pour infecter vos vulnérables neurones avec la chanson du film. L'air est entêtant au possible, et la gamine est absolument adorable. J'ai déjà contaminé mes collègues, parmi lesquels je ne doute pas qu'il y en a une ou deux qui vont bosser la chorégraphie (salut les filles ;) ).
Pour ceux qui voudraient apprendre les paroles, ou simplement avoir un aperçu sur la génèse de cette bande originale à succès, je pense qu'il est tout indiqué de se précipiter vers cet article : Gake no ue no Ponyo-Theme Song.

Po-nyo, Po-nyo, Ponyo sakana no ko...

note : illustration (c) studio ghibli

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The Day the Earth Stood Still

La prise de conscience actuelle, et presque convenue, c'est que l'écosystème de notre monde va mal. C'est en quelque sorte notre combat contre les erreurs du passé, c'est notre "après guerre" à nous. Nos grands parents, eux, ont eu un vrai "après guerre". Ils se sont réveillés dans un monde où l'humanité s'était souillée elle-même à coup de chambres à gaz et de bombes atomiques. Nous, nous avons notre couche d'ozone, nos vaches folles, nos fuites radioactives, nos voitures et notre dérèglement climatique.
Il n'est donc pas très étonnant de voir fleurir moults films dans des mouvances plus ou moins écolo. Par exemple, dans Phénomènes de N. Shyamalan, la nature se rebiffe contre l'Homme et tente de l'éliminer. Les enfants aussi sont visés par ce marketing de la nature comme avec Mia et le Migou, très joli film d'animation dont le seul gros défaut est la présence de Dany Boon (allez le voir quand même).
Affiche du film © 1951 20th Century FoxLe dernier en date, c'est Le jour où la terre s'arrêta. Fable de science fiction, ce film ne cherche donc ni la crédibilité, ni la finesse. Un extraterrestre débarque dans un inquiétant vaisseau, et alors qu'il veut délivrer un message à l'humanité toute entière, les américains (encore eux) lui tirent dessus, essayent de le garder prisonnier, le pourchassent, essayent de détruire son robot protecteur, etc. etc.
L'Homme est dans l'erreur, il doit s'assagir si il veut survivre, ou il sera détruit pour préserver la biodiversité de sa magnifique planète. Tel est le message de Klaatu l'extraterrestre.
Ce qui est intéressant c'est de voir comment le message du film original a été re-contextualisé pour nous. La version avec Keanu Reeves est une adaptation du film homonyme de 1951. Dans l'original, le message était non pas écologique dans un monde pollué, mais non-violent dans un monde d'après guerre. Enfin, non-violent façon Amérique des années 50. Faudrait pas virer communiste non plus hein. Ce vieux film véhicule d'ailleurs l'idée un peu dérangeante que pour vivre en paix on doit déléguer les pleins pouvoirs à des entités policières invincibles (les fameux robots de protection). Il n'y a qu'un pas à franchir pour que le message de repentir post-hiroshima se transforme en propagande pour la domination du monde par les USA (qui arborent depuis la seconde guerre mondiale un uniforme de gendarme du monde).
J'ai modérément apprécié la version 2008 de Le jour où la terre s'arrêta, ce film est lisse comme Keanu Reeves, aucune émotion de passe, on n'a jamais peur pour les protagonistes, et si les images sont de qualité satisfaisante, le film reste assez fade.
Par contre, les réactions d'un petit groupe derrière moi m'ont bien plus amusées. Les pauvres n'avaient pas l'air de bien savoir ce qu'il étaient venus voir, et ont été forts déçus. Quand on paye sa place entre 7 et 10 euros, la moindre des choses c'est de se renseigner un peu. Et que j'en ai marre des messages écolo, et qui ils sont eux pour me faire la morale, et patati, et patata, ad lib.
Et celle-ci qui se moquait du film en sortant : "haha, mais c'est trop nul, le robot il a un vieux design des années 80.". Pauvre blonde. Dans un hommage évident pour le film original le robot faisait terriblement années 50 ! Et pas la peine d'être né avant les années 80 pour s'en apercevoir. D'ailleurs à part la taille les deux versions du robot sont très similaires.
Bref, tous ces films sont probablement dans le vrai, il est urgent d'éduquer les gens. Mais j'ai l'impression qu'avant de leur inculquer les bases de l'écologie, il faudrait leur apprendre à lire.

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